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Charles Nicolle, le savant normand qui avait la Tunisie au cœur - Par Nabil Rejaibi

  • Writer: Nabil Rejaibi
    Nabil Rejaibi
  • 5 days ago
  • 3 min read

Updated: 5 minutes ago

Nous connaissons tous ce nom qui figure au fronton de l'un de nos plus grands hôpitaux à Bab Saadoun. Mais au-delà du grand savant et du prix Nobel, connaissons-nous vraiment l'homme qu'était Charles Nicolle ?


C'est en retombant récemment sur un texte émouvant (que culturetunisie.com met en ligne juste après la photo ci-dessous) publié dans la revue "Tunisie" en mai 1936, quelques mois seulement après sa disparition, que j'ai eu envie de vous raconter son histoire.


Ce document d'époque ne dépeint pas en effet un scientifique austère, mais un homme d'une humanité bouleversante qui avait choisi la Tunisie comme sa véritable patrie.


Création de Nabil Rejaibi en hommage à Charles Nicolle. Création de Tunisie Cultura 2
Création de Nabil Rejaibi en hommage à Charles Nicolle. Création de Tunisie Cultura 2

L'illumination de Bab Saadoun


Arrivé de sa Normandie natale en 1903 pour prendre la direction du petit Institut Pasteur de Tunis, Charles Nicolle va transformer ce modeste laboratoire en un centre de recherche mondial.



C'est ici, au contact de la réalité tunisienne, qu'il fera sa découverte majeure. L'anecdote est célèbre. Un jour de 1909, à l'entrée de l'hôpital civil français (qui deviendra l'hôpital Charles-Nicolle en 1946), il a une véritable "illumination".


Il observe que les malades du typhus sont très contagieux avant leur admission, contaminant leurs familles et les voisins. Mais une fois franchi le seuil de l'hôpital, après avoir été rasés, lavés et vêtus de la chemise de l'établissement, ils ne sont plus contagieux.


Il comprend instantanément que le vecteur de la maladie n'est pas dans l'air, mais dans les vêtements : c'est le pou de corps. Cette découverte intuitive et géniale sauvera des millions de vies pendant les guerres mondiales et lui vaudra le prix Nobel de Médecine en 1928.


L'homme à la blouse de toile écrue


Ce qui frappe le plus dans les témoignages de ses disciples en 1936, c'est sa simplicité absolue. Charles Nicolle avait le dédain des honneurs. Il ne portait jamais ses décorations, leur préférant sa tenue de travail quotidienne : une simple blouse de grosse toile écrue.


Il ne revendiquait qu'un seul titre, celui auquel il tenait par-dessus tout : directeur de l'Institut Pasteur de Tunis. Il considérait cet institut comme sa vie même, traitant chaque membre de son personnel, du plus proche collaborateur au plus humble journalier, avec une politesse exquise, comme s'ils étaient ses propres enfants.


Il n'était d'ailleurs pas seul dans cette aventure : sa fille, Marcelle Nicolle, également médecin, a travaillé à ses côtés à Tunis pendant près de dix ans, partageant son dévouement.


Le pommier et l'olivier : un symbole éternel


Son attachement à la terre tunisienne était viscéral. En 1935, sentant sa fin proche alors qu'il était en France, il a bravé la maladie pour revenir. Il exigeait de mourir à Tunis, chez lui, dans son institut.


Il s'est éteint le 28 février 1936. Sa dernière volonté témoigne de cet amour profond pour notre pays. Il a laissé ces mots magnifiques :

"Je veux que mes cendres, mêlées au sol africain, perpétuent l’œuvre de mes jours."

Conformément à ses vœux, il repose aujourd'hui dans le vestibule d'entrée de l'Institut Pasteur de Tunis. Sur la dalle de marbre, une sculpture discrète résume toute sa vie : un rameau de pommier, symbole de ses racines normandes, est entrelacé pour l'éternité avec une branche d'olivier, symbole de sa Tunisie d'adoption.


C'était Charles Nicolle, un immense scientifique, un visionnaire qui prédisait déjà l'apparition inévitable de maladies nouvelles, mais surtout un homme de cœur qui a tant aimé et tant donné au 'pays du jasmin'.



Remarque : cliquez sur les mots en bleu pour avoir plus de détails sur la construction de cet article.

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