Sahbek Rajel 2 de Kais Chekir : long métrage dans le moule du divertissement
- Mohamed Ali Elhaou

- 2 days ago
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Updated: 24 hours ago
Les amateurs du 7ᵉ art avaient rendez-vous, hier vendredi, avec une soirée cinématographique proposée par l'Institut français de Tunisie vers 18 h 00.
Celle-ci tourne autour du fameux film de Kais Chekir Sahbek Rajel 2.
En effet, celui-ci a été le phénomène des vacances de l'hiver 2025 dans nos salles tunisiennes.
Après le film, une question vient à l'esprit : c'est quoi la différence entre un film commercial et un film d'auteur ?
L'une des différences, c'est que le premier peut utiliser des acteurs méconnus alors que le second utilise des comédiens qui ont déjà un public, pour ne pas dire un large public, et qui les mettent au service de la fiction racontée.
En ce sens, la plupart des réalisateurs tunisiens n'habituent pas leur public à des comédiens qu'ils utilisent dans leurs films. Le plus souvent, ils changent d'acteurs et recherchent des nouveaux visages qu'ils peuvent utiliser le plus souvent une seule fois, pour des raisons budgétaires, éventuellement ?

Sahbek Rajel 2 vient au rebours de cette règle et mobilise des têtes d'affiche que le spectateur voit surtout à la télévision.
Ce sont en effet des stars de l'industrie audiovisuelle (même si nous n'avons pas véritablement une industrie stable) dans notre pays et elles se sont mises, durant deux heures et 15 minutes, au service d'un scénario de divertissement à plusieurs strates de récits.
Ces "stars" sont respectivement Sofien Dahech, Karim Gharbi, Yassine Ben Gamra, Sleh Msadek, Samira Magroun, Lobna Sediri, Kawther El Bardi, Moez Gdiri, Younes Ferhi et Noureddine Bouhejba (qui commence à graver son nom et dont le personnage Bakhano est devenue un phénomène social) et bien d'autres.
Sahbek Rajel 2 est dans la lignée du premier long métrage, qui, il faut dire, du point de vue de l'écriture et des dialogues, contient beaucoup plus de fraicheur, d'imagination et surtout une meilleure bonne compréhension des arcanes de la société tunisienne et de son évolution.
Citons dans Sahbek Rajel 1, à titre d'exemple, la scène de "Sugar Daddy" dans la boite de nuit qui a fait un tabac et demeurera dans l'histoire de la comédie dramatique dans notre pays.
Pour bien saisir Sahbek Rajel 2, il s'agit donc de connaître et d'avoir vu la première partie.
Sahbek Rajel 2 met donc en relief l'héroïsme, le combat pour obtenir son droit et arracher sa place dans la société, la prévalence au sein de celle-ci du bien sur le mal. Le long-métrage de Kais Chekir place également le courage dans ce contexte comme une valeur de prédilection.
Dans cette fiction, c'est ainsi les valeurs du bien qui gagnent et priment toujours vers la fin. Dans cette perspective, ceci est l'identité même des films commerciaux dressant le plus souvent, quoique pas toujours, des portraits simplistes de la vie sociale.
Sahbek Rajel 2 dans ce cadre est pur produit de divertissement conçue principalement pour amuser et pour apporter le sourire au public présent.
Mieux, c'est en réalité un long-métrage qui n'est pas envisagé pour déranger mais bien plutôt pour entretenir et faire oublier une vie qui ne vient pas comme on la souhaiterait.
Des comédiens brillant par leur charisme à l'écran
Les personnages de Sahbek Rajel 2 sont charismatiques à l'écran, l'image est intéressante, il y a des séquences faisant réellement rire les spectateurs, cependant il s’agit véritablement d’un rire facile demandant peu de recherche, artistiquement parlant, contrairement à Sahbek Rajel 1.
Au-delà de ce jugement, Yassine Ben Gamra en particulier dans ce long métrage a montré un vrai talent athlétique. Il commence à sortir du rôle d'Ouled Moufida, même s'il en garde quelques tics de jeu.
En ce sens, c'est un acteur très charismatique au côté de Karim Gharbi et de Moez Gdiri. Ce dernier a incarné parfaitement le rôle d'un contrebandier méchant et sans pitié.
Quant à Karim Gharbi et Sofien Dahech, ils sont devenus des grandes stars de la comédie dans notre pays. Ils ont certes de gros potentiels de jeux, mais le plus souvent ils choisissent des propositions de comédiens très grand public, très directes et parfois élémentaires.
Ils sont, par conséquent, dans leur zone de confort, ce qui fait que dans Sahbek Rajel 2 ils ne font pas rire vraiment, car il n'y a pas l'effet surprise et d'étonnement qu'attend le spectateur.
Grosso modo, le moule dramatique du film Sahbek Rajel 2, c'est l'action, l'humour et en même temps un côté chaleureux typiquement tunisien que l'on retrouve dans les mariages, les fêtes de manière générale et également dans les relations sociales cordiales, mais sans plus.
À examiner de près, Sahbek Rajel 2 a, entre autres choses, un peu du fameux feuilleton Choufli Hal de Slaheddine Essid, notamment quand le spectateur fait le parallèle entre le personnage de Béji Matrix, joué par feu Tawfik Bahri, et celui d'Azouz, joué par Sofien Dahech.
Au final, le spectateur ne sent pas le temps passé durant plus de deux heures et c'est, sans doute, un bon produit cinématographique consommable sans grand effort intellectuel.
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