La radio nationale tunisienne fête la journée mondiale de la radio sous le signe : 'Les médias et l'intelligence artificielle : de la recherche scientifique à la pratique professionnelle'
- Mohamed Ali Elhaou

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Updated: 16 hours ago
Au siège de l'ASBU, vendredi 13 février vers 10H00, la Radio nationale tunisienne (avec ses 12 stations de radio), en tant que pionnière de la diffusion radiophonique dans notre pays, depuis 1938, a consacré cette journée à la thématique suivante : "Les médias et l'intelligence artificielle : de la recherche scientifique à la pratique professionnelle".
Par médias, les intervenants ont surtout mis l'accent sur le travail radiophonique, notamment sur les nouveaux modes de création de divers contenus. Cette production fait davantage usage des algorithmes : ce qui est communément appelé aujourd'hui "intelligence artificielle".

L'ensemble des intervenants au premier panel a insisté sur l'historique de ce concept qui provient de la cybernétique, en particulier des années 1940.
À travers l'histoire, le support radio fût très sensible et toujours en interaction avec les innovations et les évolutions technologiques. En même temps, cette sensibilité ne va pas chez les journalistes sans la prise en compte d'une certaine "distance critique", comme l'a signalé l'actuelle présidente directrice générale de la radio tunisienne Henda Ben Alaya Ghribi.
Les intervenants ont mis, en particulier, en exergue la prolifération des applications liées à ladite "intelligence artificielle". Ces applications posent, avec sérieux, l'enjeu de protéger les données personnelles des utilisateurs mais aussi les productions intellectuelles.
En effet, les algorithmes sur le net s'alimentent actuellement et répondent aux requêtes de leurs usagers sans mentionner les sources qu'ils procurent. Ce qui pose d’ores et déjà la question des droits de propriété intellectuelle.
Parallèlement, ces applications nouvelles apportent des possibilités d'offrir des contenus plus proches des jeunes, notamment les podcasts.
Elles peuvent ainsi aider à résumer certains contenus, à faire des traductions rapides ou encore des transcriptions d'entretiens afin de diversifier le contenu radiophonique proposé.
Certains intervenants de ce premier panel matinal ont, à ce titre, insisté sur l'importance de la maîtrise du prompting, c'est-à-dire la commande donnée, avec précision, à la machine pour qu'elle s’exécute de manière adéquate.
En outre, il semble que les médias, avec la donne de ladite "intelligence artificielle", doivent plus que jamais réfléchir à un modèle économique viable, à de nouvelles façons d'attirer l'attention de leur public, pour qu'ils restent les "constructeurs de l'opinion publique صناع الرأي العام" comme ils souhaitent toujours l'être face à des mutations technologiques plus que jamais imprévues.
En ce sens, quelques impératifs ont émergé de cette rencontre : l'investissement urgent dans "l'intelligence artificielle", la formation continue, l'esprit critique passant par la maîtrise de ces nouveaux logiciels, la vérification de la fiabilité de l'information, un nouveau positionnement de la radio dans un espace communicationnel dominé par les algorithmes, l'adaptation de l'intelligence humaine vis-à-vis de l'intelligence technique de la machine et vice versa.
Ces gros chantiers demeurent à l'état de germe, ils nécessitent plus qu'auparavant une imagination stratégique à l'heure où la production radiophonique est de plus en plus hybride – alliant contenu journalistique et contenu de publicisation, c'est-à-dire marketing et promotion.
Le but qui se dresse devant la radio est de capter donc l'attention du public pour qu'il ne cherche pas ailleurs (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui).
Un chantier n'a toutefois pas été évoqué lors de cette journée : la domination des GAFAM (Google, Apple, Facebook (Meta), Amazon et Microsoft) sur le domaine des médias dans notre pays, en particulier la radio qui devient en ligne, transportable et à la carte.
Ces grandes multinationales qui ont installé, en l'occurrence, un écosystème de partage, sur commande et qui vivent du contenu posté par l'usager lui-même ne payent en réalité pas d'impôts (jusqu'à preuve du contraire) dans notre pays, même si l'ensemble de nos concitoyens les utilise.
Aussi, elles n'ont même pas un siège dans le 'pays du jasmin' (pour la majorité d'entre elles) pour qu'elles deviennent, de fait, redevables devant la société tunisienne et ses multiples utilisateurs.












































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