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Film Thalathoun de Fadhel Jaziri : hommage pas au niveau de l'œuvre ni de la grandeur de l'artiste

  • Mohamed Ali Elhaou
  • 24 août
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 sept.

À peine six jours après son décès survenu le 11 août 2025, le comité d'organisation du festival de Carthage dans sa 59ᵉ édition a voulu rendre hommage au feu Fadhel Jaziri le 17 août : cet artiste polyvalent qui a su allier le monde du théâtre avec le monde du spectacle. La façon de dire un dernier au revoir était donc programmée à travers la projection de son long-métrage Thalathoun, qui est à la fois situé entre la fiction et le documentaire.


Cette œuvre, qui retrace les années 30 du siècle dernier, fut présentée pour la première fois lors des Journées cinématographiques de Carthage en 2008 et a été l'occasion de présenter au grand public et aux professionnels du monde du 7ᵉ art, entre autres, le talent de Ghanem Zrelli et de Walid Nahdi qui ont joué respectivement le rôle de Habib Bourguiba dans les années 30 (barbu à cette période) et d'Ali Douaji.


Aussi, Ali Jaziri, protagoniste principal de ce docu-fiction, a brillé par son charisme naturel et son expressivité silencieuse à l'écran en incarnant le personnage de Taher Haddad. De plus, Taher Issa Ben Arbi et Moez Mrabet ont été formidables et crèvent l'écran par la crédibilité et la subtilité de leur jeu. Le premier était dans le rôle du richissime Zine El Abidine Snoussi et le second dans le rôle du Résident général de France en Tunisie entre 1921 et 1930 : Lucien Saint.
Ali Jaziri dans le rôle de Taher Haddad. Crédit photo : culturetunisie.com

Aussi, Ali Jaziri, protagoniste principal de ce docu-fiction, a brillé par son charisme naturel et son expressivité silencieuse à l'écran en incarnant le personnage de Taher Haddad. De plus, Taher Issa Ben Arbi et Moez Mrabet ont été formidables et crèvent l'écran par la crédibilité et la subtilité de leur jeu. Le premier était dans le rôle du richissime Zine El Abidine Snoussi et le second dans le rôle du Résident général de France en Tunisie entre 1921 et 1930 : Lucien Saint.


Esthétiquement, le film est en noir et blanc. Le choix est donc de faire revivre au spectateur, durant une heure et quarante-cinq minutes, l'ambiance de ces années où la Tunisie débute un processus de tiraillement qui ne s'arrêtera plus jamais entre le retour aux sources ou la rupture c'est-à-dire la modernité, entre francisation ou tunisification du pays dans le sens de son ancrage dans l'arabité, entre l'affrontement révolté ou la négociation politique, entre la libération de la femme ou sa soumission au dictât, non pas de l'homme, mais de la famille qu'elle désire elle-même fonder.


De plus, Taher Issa Ben Arbi et Moez Mrabet ont été formidables et crèvent l'écran par la crédibilité et la subtilité de leur jeu. Le premier était dans le rôle du richissime Zine El Abidine Snoussi et le second dans le rôle du Résident général de France en Tunisie entre 1921 et 1930 : Lucien Saint.
L'acteur Tahar Issa Ben Larbi dans le rôle  Zine El Abidine Snoussi. Crédit photo : culturetunisie.com 

Le film est sincèrement un chef-d’œuvre, car il nous fait voir dans le moindre détail une époque qui a marqué l'histoire du pays à jamais. En réalité, ce docu-fiction n'a jamais eu l'attention et l'aura qu'il méritait. Il a nécessité six ans de recherche, d'écriture de longue besogne et de surcroît une reconstruction de l'époque avec des costumes et des décors qui renvoient à cette tranche historique pleine de rebonds.


Ceci n'est pas fortuit, car le défunt Fadhel Jaziri aimait cette création artistique de grands projets où l'argent ne compte pas à côté du sujet traité et du dessein artistique.

 

Les années trente ont bel et bien été la décennie glorieuse pour notre pays et le film a réussi à l'illustrer en image, en son et en personnages. Il suffit tout juste de citer le nom du prodige poète Abou El Kacem Chebbi pour s'en rendre compte.


Le film est sincèrement un chef-d’œuvre, car il nous fait voir dans le moindre détail une époque qui a marqué l'histoire du pays à jamais. En réalité, ce docu-fiction n'a jamais eu l'attention et l'aura qu'il méritait. Il a nécessité six ans de recherche, d'écriture de longue besogne et de surcroît une reconstruction de l'époque avec des costumes et des décors qui renvoient à cette tranche historique pleine de rebonds.     Ceci n'est pas fortuit, car le défunt Fadhel Jaziri aimait cette création artistique de grands projets où l'argent ne compte pas à côté du sujet traité et du dessein artistique.
Un des plans du film qui a été tourné dans la Médina de Tunis. Il y a effectivement un travail sur les costumes pour faire surgir l'époque. Crédit photo : culturetunisie.com

Ainsi, Jaziri a fait renaître ce grand poète et il a redonné également vie à Mohamed Ali El-Hammi, éminent syndicaliste qui faisait vibrer la société tunisienne et les ouvriers de l'époque bien plus que Farhat Hached qui viendra après.


Le fil conducteur de cette époque telle qu'elle apparaît dans ce film est la lutte contre la censure ainsi que la lutte contre toutes les formes de domination. Cette œuvre vient clairement comme un hymne et un appel permanent à ne pas oublier le besoin de libération pour une société tunisienne bien meilleure : progressant en tenant compte de sa singularité.


Thalathoun est vraiment un chef-d'œuvre qui n'a pas été, à vrai dire, estimé à sa juste valeur. D'ailleurs, le destin de ce chef-d’œuvre rejoint celui de Fadhel Jaziri lui-même : l'hommage à Carthage est presque passé inaperçu.


Les gradins de l'amphithéâtre de ce lieu romain, en l'occurrence, étaient en leur grande majorité sans public. En outre, la disposition de la scène de Carthage n'a pas été modifiée pour accueillir le cinéma. L'écran était de fait très loin des spectateurs.


Il est fort probable au final que cet hommage au festival de Carthage soit un appendice, une balle d'essai, et que celui qui rendra à César ce qui appartient à César soit, en bonne et due forme, effectué lors de la prochaine édition des Journées cinématographiques de Carthage en décembre prochain, inch’Allah.







3 commentaires

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منال عبد القوي
25 août
Noté 5 étoiles sur 5.

رحم الله سي الفاضل الجزيري وثبته عند السؤال، نحب نحكي حاجة للتاريخ : نهار افتتاح فضاء تربلاّ الثقافي في جربة العزّ، طلبت من عشيري المثقف محمد المي ان يحضر لي دعوة وقد كان و لكن ما فاجأني ان المرحوم كان قد ارسل لي دعوة فعلا قبل ان اطلبها انا، دعى كل المهتمين بالثقافة في الجزيرة وكانت دعوة باسمي في انتظاري، حشمت على روحي قداشني مخفوقة الراجل باعثلي دعوة وانا نطلب فيها لا علينا، للاسف ما تمكنتش مالحضور لانه صادف عرض مسرحيتنا انا وزهير بن تردايت : جاربا بطلب من السيدة المثقفة آمال حشانة ، في اطار القمة الفرنكوفونية بعد ذلك لم اتمكن من الحسم في الموضوع : هل اسعد وافرح للمكسب الثقافي والسياحي الذي اسسه سي الفاضل في جزيرتي …


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Khmaïes Ben Younes
24 août
Noté 5 étoiles sur 5.

Je trouve que le film est magnifique et a été sous-estimé par le grand public et aussi par les connaisseurs.

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Nabil Rejaibi
24 août
Noté 5 étoiles sur 5.

Pourquoi se presser pour rendre hommage à un illustre personnage. Il n'a même pas fait ses 40 jours. En même temps même si la Culture a subi la perte, c'est surtout sa famille et ses proches qui en sont touchés encore plus. Il ne vont pas comprendre cet hommage. C'est une indélicatesse à mon sens. Pour rendre un hommage, on met les moyens et on appelle tous ses proches, collaborateurs, amis etc qui ont aussi partagé un moment de sa vie pour se rapprocher au maximum de son œuvre, de sa vision et de son héritage.

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