"Le Tango arabe” de Mohamed-Ali Kammoun séduit le public du Théâtre municipal de Tunis en sublimant le chant - Par Sofien Manaï
- Sofien Manaï

- Mar 6
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Updated: Mar 14
Le spectacle “Le Tango arabe” du compositeur et pianiste tunisien Mohamed-Ali Kammoun a réuni jeudi 5 mars 2026 au soir au Théâtre municipal de Tunis un public nombreux venu découvrir une rencontre musicale entre l’émotion du "Tarab" arabe et l’énergie des rythmes latino.
Déjà présenté avec succès dans ce même théâtre fin 2025, le spectacle est revenu dans une version davantage orchestrale, mêlant compositions inédites, relectures audacieuses du répertoire arabe et tableaux chorégraphiques.

Accompagné par l’"Orchestre Mohamed Ali Kammoun", le concert a réuni un quintette vocal composé d'Abir Greyaa, Mongia Sfaxi, Mohamed Ben Salah, Oussama Nabli, et une belle fillette très talentueuse : Lina Ouali ; chacun apportant sa sensibilité à cet univers musical mêlant tradition et modernité.
Élégante et souriante, la chanteuse Mongia Sfaxi a ouvert la soirée avec plusieurs titres du répertoire oriental, dont “Emta Hataaref Emta”, “Efrah Ya Albi” et “Layali el ons fi Vienna ”; œuvres de la diva Esmahane interprétées comme un clin d’œil à un public longtemps dans l’attente de cette rencontre.
Sa voix ample et nuancée a ensuite porté des chansons romantiques et spirituelles telles que “Bent Chalabia” et "Mahla Layali chbilia", thèmes chers à son univers artistique, centré sur l’amour et la paix.
La révélation de la soirée, Oussama Nabli, a captivé l’assistance avec des chansons comme “Ya Zahratan Fi Khayali” de Ferid Al-Atrash et “El Fan El Fan” de notre célèbre chanteur feu Mohamed Jamoussi, tandis qu'Abir Greyaa a enchanté le public avec l’interprétation de la célèbre chanson “Elyoum Galetli Ezzine Ezzine” du génie feu Hédi Jouini.

Le spectacle, ayant duré presque deux heures, a en outre été marqué par l’apparition sur scène de l'enfant pianiste prodige "Mehdouch", chaleureusement applaudi par le public, ainsi que par un tableau chorégraphique où un couple de danseurs a exécuté un tango : Mohamed Mekki ben Jemaa et Yosra Liman.
De son côté, le magnifique interprète Mohamed Ben Salah a offert, en troisième partie de soirée, une prestation remarquée en interprétant notamment “Ena Eatazalt El Gharam” de Majda Roumi et “Ahwak Wetmanna Law Ansek” du grand artiste Abdelhalim Hafedh.
La soirée s’est achevée dans une ambiance festive lorsque l’ensemble des musiciens a repris la chanson “El Bareh Ken Omri 20”, concluant ce spectacle qui s’impose comme l’un des rendez-vous marquants de la programmation culturelle du mois de Ramadan à Tunis par la quantité d'opus arabes qu'il revisite.
Mohamed-Ali Kammoun travaille en effet depuis ses œuvres 24 parfums (2016) et Naoubet Gharam (août 2024) sur la thématique de l'amour en réactualisant, en réarrangeant de manière nouvelle et internationale le patrimoine tunisien et arabe de la chanson en y ajoutant même des mélodies supplémentaires.
Il s'inscrit ainsi dans la perspective du groupe Pink Martini (2017 à Tunis) à certains égards. Mohamed-Ali Kammoun est bel et bien un artiste innovant dans son travail, qui sans doute finira par avoir de la reconnaissance sur le long terme, celle-ci est déjà bien installée.












































Magnifique article ! photo pleine de sensualité