Aytaç Doğan fait vibrer le public de la Cité de la Culture à travers les mélodies somptueuses de son qanûn - Par Sofien Manaï
- Sofien Manai

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Le maître turc du qanûn Aytaç Doğan a subjugué, dimanche 1er Mars 2026, le public de la salle Théâtre des Régions à la Cité de la Culture Chedly-Klibi à Tunis, lors de la troisième soirée de la sixième édition du festival "Ramadan à la Médina".
Ce rendez-vous de la musique savante est organisé sous l’égide du ministère des Affaires culturelles et du Théâtre de l’Opéra de Tunis. Il s’est déroulé en présence de l’ambassadeur de Turquie en Tunisie, Ahmet Misbah Demircan, devant un public nombreux et averti.

Installé derrière son instrument avec une sobriété presque méditative, Aytaç Doğan a livré un concert aux accents pluriels, mêlant maqâms (modes) turcs et arabes, rythmes méditerranéens et influences de la musique du monde.
Accompagné de Şefik Kansu au violon, Rafik Gharbi au oud et au clavier, Abdelaziz Cherif à la guitare basse et Mohamed Hatem Hmila à la batterie, le prodige turc a élaboré une performance artistique imaginée jusqu'à son moindre détail du point de vue de la sonorité et des airs joués.
Entre les pièces instrumentales, Aytaç Doğan n'a pas manqué de saluer la ferveur du public tunisien, qu'il décrit comme une "voix d’or et de goût raffiné", et affirme ainsi être en rencontre avec "l'un des meilleurs publics rencontrés au cours de ma carrière".
Fidèle à son habitude d’associer des talents locaux à ses prestations en Tunisie, il a convié sur scène la magnifique chanteuse Rana Zarrouk.
Celle-ci a débuté avec le répertoire de Najet Al-Saghira à travers la chanson 'Mata sataarifou kam Ahwaka', ensuite elle a revisité le répertoire d'Oum Kalthoum notamment le mythique morceau 'Enta Omri', avant de rendre hommage, dans un troisième temps, à notre diva locale la grande Saliha, en interprétant sa chanson 'Ah wadouni'.

La salle, deux heures durant, a oscillé entre silences recueillis et salves d’applaudissements nourris. En troisième partie de soirée, le public reprenant en chœur plusieurs classiques arabes dans une atmosphère de communion musicale, notamment la chanson de Fadhel Chaker qui a fait le trend en 2025, à savoir : Sahak Ishoo.
Revenant sur son parcours, Aytaç Doğan a rappelé avoir débuté à l’âge de treize ans sur un qanûn fabriqué par son grand-père, avant de collaborer avec de grandes figures, dont İbrahim Tatlıses.
Il a en outre évoqué sa première participation en Tunisie, il y a près de vingt ans, au Festival international de Carthage.
Cette soirée ramadanesque s'inscrit, en effet, dans le sillage de trois concerts donnés par cet artiste unique depuis 2025. Le spectacle d'hier a confirmé l’attachement d'une bonne partie du public tunisien aux musiques exigeantes et a consolidé davantage la place du Théâtre de l’Opéra de Tunis comme écrin privilégié des arts raffinés.












































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