Opéra 'Didon et Énée' : fresque sur la tragédie de Carthage
- Mohamed Ali Elhaou

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Le public amateur des opéras avait un rendez-vous, jeudi, 14 mai à la Salle de l'Opéra de la Cité de la Culture à Tunis avec l'Opéra baroque 'Didon et Énée'.
C'est une fable mise en musique durant une heure et 15 minutes. Dans cette représentation participent plus de 120 jeunes artistes ainsi qu'un orchestre mis sous scène pour accompagner les fresques chorégraphiques de ce spectacle féerique remontant à l'époque de la Reine Didon qui dirigea la Méditerranée à l'époque de Carthage.
Cet opéra se décline en trois actes. Il a été conçu au printemps en 1689 par le compositeur anglais Henry Purcell.
De quoi s'agit-il exactement ?
En vérité cet Opéra est une histoire d'amour entre deux êtres dont leur nations respectives sont en conflit. Ainsi l'amour se trouve au milieu de la quête du pouvoir et au milieu d'une géopolitique en tension.
Dans le premier acte : Bélinda interprétée par Lilia Ben Chikha, la confidente de la reine Didon incarné par l'énergique Nesrine Mahbouli, l'incite à retrouver sa joie de vivre. "Secoue le nuage qui obscurcit ton front", lui dit-elle en substance.
Didon est, en l'occurrence, accablée parce qu'elle nourrit en secret un amour pour Énée, interprété par Haythem Hadhiri, qui est dans cette intrigue le prince de Troie (endroit se trouvant dans le nord-ouest de l'actuelle Turquie, sur la colline d'Hisarlik - province de Çanakkale), et ne peut révéler son tourment de peur de décevoir le peuple carthaginoise dans la mesure où l'amour pour les gens de pouvoir est perçu comme un signe de faiblesse.
Didon dit : "Ah Belinda, je suis tourmenté par ce que j'endure".
Bélinda propose, par conséquent, à Didon de se marier avec Énée, qui n'est pas indifférent à ses attraits d'autant plus qu'une telle union de cœur garantirait la prospérité et l'harmonie pour l'empire romain.
Les courtisans répètent à l'unisson les paroles de Bélinda. Didon, ravie, acquiesce à la suggestion d'Énée se laissant emporter par la flamme qu'elle partage avec Énée.
Le deuxième acte de cet opéra se déplace vers le lieu de la sorcière incarnée par Maram Bouhbal. Cette dernière a excellé dans le rôle de Carmen dans un précédent opéra en 2024.
La deuxième partie de cette fable montre, toujours dans la chorégraphie et le chant lyrique, l'obstruction du bonheur par les autres c'est à dire la divergence des intérêts.
En effet, le deuxième acte débute au sein de la caverne des sorcières. Invitées par la magicienne, les sorcières trament la chute de Didon et l'anéantissement de Carthage, alors que Didon et Enée se divertissent lors d'une chasse, randonnée, aux périphéries de la ville.
Chœur et danses des sorcières qui concoctent leurs sortilèges. La scène se conclut dans le tumulte du tonnerre, des éclairs et d'une musique prémonitoire de la tragédie.
La deuxième partie de ce deuxième acte, débute comme suit : après avoir passé la majeure partie de la journée à chasser, Didon et Énée font une pause avec leur cour dans un bosquet pour se reposer. Belinda donne l'instruction à ses domestiques de préparer des rafraîchissements pour le couple royal. Alors que les préparatifs sont en train de se mettre en place,
Didon perçoit le bruit du tonnerre qui vrombit à distance. Belinda stoppe sans délai l'agitation des domestiques et leur commande de faire leurs paquets pour retourner en ville avant que l'orage ne survienne.
Tous s'en vont du bosquet, à l'exception d'Énée, retenu par un elfe maléfique, joué par Houssem Ben Moussa, déguisé en Mercure. Ce dernier lui ordonne de quitter Carthage et de se diriger vers l'Italie pour fonder une nouvelle Troie c'est à dire un nouveau centre économique et culturel pour dominer la Méditerranée.
Énée, croyant en un ordre divin, suit les commandements de Mercure. Toutefois, il demeure rongé par la culpabilité de devoir abandonner sa bien aimée Didon. Avec le cœur lourd, il regagne le palais de Carthage pour faire lui faire un dernier adieu.
Troisième acte ..... à compléter












































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