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Galb H'jar de Nidhal Chatta : film d'une beauté exquise dépassant l'intrigue même

  • Writer: Mohamed Ali Elhaou
    Mohamed Ali Elhaou
  • May 6, 2025
  • 4 min read

Updated: 7 days ago

Depuis maintenant 12 jours, le 23 avril 2025, et peut-être encore jusqu'à la fin du mois de mai 2025, le public peut aller voir dans les salles l'excellent film "Silentium" – "Galb H'jar" de Nidhal Chatta.


Au-delà de l'anecdote du film, ce long métrage est exquis par sa beauté sur tous les plans. Il raconte une anecdote qui se déroule dans une auberge de marginalisés et de rejetés, à cause de leur différence de ce qui est commun en société.


Mohamed Dahech s'est distingué par la qualité de son jeu et son look très original pour incarner un personnage pervers. Mounir, l'un des personnages clés de ce drame, prend soin de la demeure délabrée. C'est un personnage intrusif, il a un regard très perçant, imprévisible et empli de frustrations diverses et variées. Pour le spectateur, c'est la vraie découverte cinématographique, car Mohamed Dahech a attendu des années pour avoir un rôle au niveau de son talent et de ses compétences artistiques.
Le comédien Mohamed Dahech dans le film Galb H'jar de Nidhal Chatta ©Ahmed Ouertani

À l'espace Lartisto, rue de Damas, à Tunis, ce film a été diffusé dimanche 4 mai 2025. L'endroit dans lequel a été tournée cette fresque inspirée de faits réels est magnifique. C'est, en l'occurrence, une vieille villa sur trois étages, style ancien, située à Carthage, la banlieue nord de Tunis.


C'est une demeure isolée, en même temps pleine de liberté et de quiétude, car placée au bord de la mer. Cette mer est souvent montrée dans cette fiction comme calme et invite à la remise en question, à la réflexion et même à la méditation. Les murs ainsi que les portes de la villa rappellent une époque d'opulence et d'un sens de la mise en place très raffiné.


Le décor est vintage au moindre détail, les couleurs sont très vives. Lorsqu'elles sont sombres, ces mêmes couleurs ne sont pas, toutefois, tristes. Les dialogues sont minimalistes, tantôt le propos agressif, mais très ajusté au cadre dans lequel sont situés les personnages.


Sans exagération, chaque plan est un tableau. Cette beauté rappelle le cinéma de l'Amérique latine ou encore le cinéma espagnol et en particulier ce que fait Pedro Almodóvar. Le film recèle aussi une dimension internationale et mérite reconnaissance de sa qualité artistique. Sans doute pour culturetunisie.com, c'est la meilleure découverte de cette année !


D'ailleurs, il est saillant que ce long métrage a pris du temps pour mûrir. En effet, le réalisateur a mis plus que cinq ans pour faire ce film. Sa conception a commencé en 2020. La force de ce long métrage est que l'intrigue du film est peu importante par rapport à la beauté des décors et à la sensibilité des personnages. Cette narration est accompagnée par une musique fluide et subliminale.


De surcroît, il y a des plans pris par le drone qui sont magnifiques, notamment ceux prenant la cité de la Goulette. Le film recèle, de plus, une sensibilité féminine. Ce n'est pas étonnant, puisque la scénariste de ce long métrage est Sophia Haoues, qui écrit sur l'agression des femmes, la toxicité des relations sociales et la perversité que chacun vit de plus en plus dans son quotidien.


Comédiens qui brillent par leur talent  


Les comédiens dans ce long métrage attirent par la justesse de leur jeu, leur charisme et la sincérité de leurs sentiments. Ce sont respectivement Rym Hayouni, Mohamed Dahech, Abdelmonem Chouayet, Lamine Belkhodja, Besma El Euchi, Oumaima Bahri, Fatma Felhi, Lotfi Abdelli et Haythem Mhimdi.



Mohamed Dahech s'est distingué du groupe, notamment par la qualité de son jeu et son look très original crée pour incarner un personnage pervers et obsédé sexuellement.


Mounir, l'un des personnages clés de ce drame, prend soin de la demeure délabrée. C'est un personnage intrusif, il a un regard très perçant, imprévisible et empli de frustrations diverses et variées.


Pour le spectateur, c'est la vraie découverte cinématographique, car Mohamed Dahech a attendu des années pour avoir un rôle au niveau et à l'image de son talent et de ses compétences artistiques.


Rym Hayouni est le personnage principal de ce long métrage, elle incarne cette fille, archéologue, rejetée par sa famille et en même temps fermée à tout nouveau lien, notamment conjugal.


Elle a un petit cercle de relations sociales, mais son engagement dans la société est très minimaliste. Au fil de l'évolution du film, le spectateur constate son courage et ses capacités à faire face à l'agression.


À côté de ces deux personnages principaux, il y a Khaled, un jeune banquier homosexuel, perdu, marginalisé, seul, marrant et protecteur, très proche de Malek puisqu'il représente sa génération.


Aussi, il y a le personnage de Mouna, joué par Maissa Ouesleti, femme divorcée, maman d’une fillette (Lili). Ne parvenant pas à payer son loyer, elle est livrée à la prostitution pour combler ses fins de mois et surtout pour payer ses charges.

 

Une autre très belle découverte de ce long métrage, c'est Jihen, une belle jeune femme de couleur incarnée par la très sensuelle Oumaima Bahri.


C'est un personnage venant du sud de la Tunisie, elle subit le racisme de son Djerba natal. À un moment dans le film, elle dit à Malek : "Tu sais, à Djerba, lors du décès, on sépare le cimetière des blancs de celui des noirs."


Une autre très belle découverte de ce long métrage, c'est Jihen, une belle jeune femme de couleur incarnée par la très sensuelle Oumaima Bahri. C'est un personnage venant du sud de la Tunisie, elle subit le racisme de son Djerba natal. À un moment dans le film, elle dit à Malek : "Tu sais, à Djerba, lors du décès, on sépare le cimetière des blancs de celui des noirs."
Oumaima Bahri dans le personnage Jihen, une belle découverte dans 'Silentium'. Crédit photo : culturetunisie.com

Il n'est donc pas possible de regarder Galb H'jar sans s'arrêter sur la prestation très créative d'Abdelmonem Chaouyet qui s'épanouit vraiment dans le monde du 7ᵉ art et exprime tout son talent de comédien.


Il incarne un taxiste portant un paradoxe entre le travailleur serviable en société et très agressif avec sa femme lorsqu'il rentre chez lui, car il n'arrive pas à avoir un enfant d'elle pour se sentir père comme les autres.


Lotfi, joué par Chouayet, est ainsi un personnage faible en même temps grossier et violent. C'est donc un névrosé dans une société paradoxale. Il est en quête de relations passagères pour assouvir ses frustrations.


Le comédien Haythem Mhemdi a été également une très belle découverte dans ce film. Il a incarné le rôle de postier et promet un avenir radieux dans le monde du cinéma.


Nidhal Chatta, le réalisateur de ce long métrage, filme à la fois la marginalité sociale et la déviance psychologique. L'acteur et le système. Les personnages sont sadiques qui agissent dans une société presque sans lois, du moins sans règles explicites et claires.


Les personnages prennent vengeance par eux-mêmes, c'est la loi du talion, comme dans la jungle, ou peu s'en faut. Leur environnement est tout autant esthétiquement très beau et violent.


C'est conjointement un environnement d'entraide et de viol, de vivre ensemble et de menaces réelles sur l'existence de chacun. Nidhal Chatta a représenté cela dans une harmonie cinématographique bien huilée, agréable à voir, avec une très grande musicalité et théâtralité de chaque plan et de chaque séquence. Œuvre à voir absolument, car c'est le meilleur produit artistique vu cette année 2025.


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Khmaies Ben Younes
May 06, 2025
Rated 5 out of 5 stars.

C'est un film excellent que j'ai vu, bravo Nidhal Chatta et l'ensemble des acteurs qui étaient magnifiques !

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