Dans la pièce 'Le cirque de Mayssoun' de Sofien Hmeysia : la gentillesse finira toujours par gagner !
- Mohamed Ali Elhaou

- Mar 13, 2024
- 4 min read
Updated: 2 days ago
Dans un monde où les principes s’amollissent et où les familles trouvent de plus en plus de difficultés à éduquer leurs progénitures sur des principes clairs, le théâtre peut constituer un des derniers espoirs pour trouver un début de réponse.
Dans ce cadre, les amateurs du théâtre pour enfant avaient rendez-vous à l’espace Dar Masrahi au Bardo, samedi 9 mars 2024 vers 14 h 00 avec la pièce "Le cirque de Mayssoun". Elle est produite avec le concours de l'association We impact.
"Le cirque de Mayssoun" dure une heure et contient un effort considérable au niveau des costumes et de la scénographie.

"Le cirque de Mayssoun" rassemble une dizaine de jeunes acteurs de talents. Les répétitions sur cette représentation avaient démarré depuis octobre 2023.
Le texte théâtral est d'Anouar Harzali, le metteur en scène, Sofien Hmeysia, l’assistant du metteur en scène, Houssem Mbarki, la scénographie de Walid Brini et le maquillage des personnages, de Salah Dridi.
Les personnages de la pièce
Dans "Le cirque de Mayssoun" jouent dix comédiens qui sont respectivement, Eya Ajili dans le rôle de l’âne sauvage, la formidable Sahar Naffeti dans le rôle du Pingouin, Narmine Abdelli dans le rôle du chat forestier, Aziz Harzali, excellent dans le rôle du gorille, Gacem Ben Maiz dans le rôle de perroquet, impressionnant, par ailleurs.
Au côté de ceux-ci, le spectateur trouve, Iheb Fenni dans le rôle du Sage Irfen, Hamza Tarhouni, incarnant la figure du propriétaire du cirque et Nour Hajri dans le rôle de Mayssoun, fille du propriétaire du cirque.
Aux côtés de ces personnages, on distingue deux clowns à savoir Mohamed Athoumi et Amine Troudi.
La pièce raconte l’histoire d’un propriétaire de cirque, qui après un spectacle ayant échoué, décide de fermer le garage et de liquider son cirque en se débarrassant des travailleurs du cirque, au premier rang desquels se trouvent les animaux.
En attentant la vente de ces derniers, le propriétaire décide de les punir en leur affligeant une politique d’austérité et de paupérisation, notamment en leur enlevant le repas quotidien.
Parallèlement, Mayssoun, la fille du propriétaire, est très attachée au cirque. Elle veut résister à la décision de son père, mais elle faible physiquement. Elle est vulnérable, en fait, à cause d’un accident qui l’empêche de reprendre à marcher et même à se tenir debout.
Aussi, elle n’est pas au courant des supplices affligés par son père aux animaux.
Peu à peu, les bêtes décident de se rebeller contre les méthodes autoritaires mis en place par le propriétaire. Dans cette rébellion, le gorille se trouve à la tête du peloton. Lui qui est tellement attaché à Mayssoun et à la survie du cirque.
Le sage, quant à lui, n’est plus jamais écouté par le propriétaire. Il a passé toute sa vie à entretenir le cirque.
Cependant, veillissant, il peu de force. Il décide, à travers son expérience, d'aider notamment le gorille dans sa quête de rendre justice au groupe et à briser les intentions égoïstes du propriétaire du cirque.
Gorille et sage se rendent donc compte que la clé de sortie de crise et le rétablissement de Mayssoun. Celle-ci doit, à leurs yeux, reprendre ses forces, c'est-à-dire à marcher et doit revenir à sa vigueur pour empêcher les abus de son père ainsi que sa cupidité sans freins.
C’est le gorille qui détient désormais la mission de trouver le remède magique qui rendra ses pieds à Mayssoun. Entre-temps, il est pourchassé par le propriétaire.
Ce dernier réussit à atteindre le gorille par une balle dans la poitrine. Mais, le gorille n’abdique pas et amène, vaille que vaille, le remède à Mayssoun.
Celle-ci reprend sa vigueur et sa forme, grâce à ces herbes magiques. Le cirque est sauvé ! Tout le monde est heureux ; le temps est à la fête.
La pièce se termine ainsi sur une note optimiste : la gentillesse finit toujours par gagner contre la cupidité et l’égoïsme !
"Cirque de Mayssoun" déconstruit les présupposés
Dans cette pièce, le personnage de l’âne sauvage est mis en scène comme un animal intelligent et stratégique ; alors que dans l’imaginaire collectif local ce dernier est souvent associé à la stupidité.
Dans cette représentation, l’enfant, en outre, a un rôle primordial. C’est un personnage héros capable de changer tous les événements de l’intrigue. Il arrive à son but, aidé par la force et la sagesse.
À examiner de près, la pièce emprunte l’univers de The Jungle Book de Robert (Bob) Wilson. Elle use bel et bien de différentes scénographies au service du personnage animal humanisé.
Certes, la pièce est pour les enfants, mais les adultes trouvent largement leur compte aussi.
C’est, au final, une avant-première prometteuse qui a des bons jours devant elle.
Seul bémol, les transitions musicales entre les différentes scènes qui doivent être plus synchronisées et fluides.
Espérons que cette ambition artistique, qui a rassemblé un grand nombre de jeunes talents, sort de l’ombre vers le grand public des enfants, entre autres. Bonne chance à ce groupe de jeunes comédiens solides et soudés !












































Merci pour cet article magnifique !
Un travail magnifique bravos