Fadi Ben Othman dans 'Ombres et Lumières' fait renaître la musique de Bach à Tunis
- Mohamed Ali Elhaou

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Écrire sur la culture et sur l'art c'est parfois s'immerger et se nourrir de la culture de l'autre tout en gardant son identité arabo-islamique. C'est dans cette perspective que culturetunisie.com est allée faire un voyage au cœur de la capitale Tunis pour connaitre et vivre comment l'autre médite et vit, entre autres, sa spiritualité, sa religiosité par le biais de la musique.
Dans ce contexte, un événement culturel a été organisé, dimanche, 29 mars 2026 par le Goethe-Institut Tunis à la Cathédrale de Tunis vers 17 h 00.
Ce concerto, faisant salle comble, fut mis en place en hommage à des grands de la musique classique, à savoir Jean-Sébastian Bach. Les symphonies de cet artiste ont bel et bien marqué l'Occident et se sont exprimées sous la baguette du chef d'orchestre Fadi Ben Othman.

'Ombres et Lumières' est en l'occurrence un concert gratuit dont l'une des vocations est le dialogue des cultures dans une conjoncture marquée par une clôture sémantique et culturelle où chaque pays se replie, se contente et se satisfait de sa propre expression locale.
Au sein de la Cathédrale de Tunis, appelée Saint-Vincent-de-Paul, la petite troupe de Fadi Ben Othman a joué devant plus de mille personnes, voire plus. Les chaises disponibles ont été dépassées par l'afflux des publics hétérogènes.
Leur point commun, c'est que ce sont des férus de la musique classique venus savourer ce spectacle s'intitulant 'Ombre et lumières'. L'idée de ce spectacle émane du dramaturge syrien résidant dans notre pays, à savoir Nabil Asswad.
Devant ces publics, la troupe de Fadi Ben Othman est composée, en l'occurrence, de deux violonistes, à savoir Tarek Zouari et Younès Wertani, ainsi que Seif Eddine Bouraoui jouant l'alto, au violoncelle Ahmed Bij et à la contrebasse Sofien Saadeoui. Tous sont spécialisés dans la musique occidentale et sont des lauréats de l'Institut supérieur de musique à Tunis.
Ceux-ci étaient accompagnés également par le flûtiste Youssef Ben Othman et le pianiste Ilyes Blagui. Ce dernier s'est fait notamment connaitre par ses collaborations dans les œuvres du défunt artiste Fadhel Jaziri.
La représentation 'Ombres et Lumières' a réuni des voix relativement connues en Tunisie par leur interprétation du registre occidental classique : les sopranos Nesrine Mahbouli et Oumaima Ben Amar ainsi que le ténor Hatem Nasri et le baryton Haithem Hadhiri.
Parmi les morceaux joués et qui sont imbibés de musique théologique, citons : "Christ lag in Todesbanden", puis des extraits de la composition "La Passion selon saint Matthieu", "Recitativo Er Kommt ; Wann Kömmst du, mein Heil – Wachet auf, ruft uns die Stimme" et bien d'autres morceaux sacrés qui ont été joués avec brio par les membres du petit orchestre de Fadi Ben Othman.
Ce spectacle, au final, a été non seulement une couverture d'une manifestation culturelle, mais également une rencontre de la profondeur de la culture de l'autre ; laquelle expression artistique, par le biais de la musique et des mélodies, avait laissé une forte empreinte au sein de la civilisation européenne.
En effet, Jean-Sébastien Bach était un luthérien dévoué, consacrant presque la totalité de sa carrière et de son œuvre (cantates, passions, orgue) à la liturgie et à la magnificence divine, "Soli Deo Gloria".
Sa musique est élaborée effectivement pour l'acoustique sacrée, fonctionnant comme un sermon musical théologique qui a été bien communiqué et rendu lors de cette performance inédite.
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Magnifique article de tolérance surtout et d'humanisme. Bonne continuation