Ghazi Zaghbani dans El-nahj : tout est vain sauf l'espoir
- Mohamed Ali Elhaou

- Mar 14
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Labourer la culture en Tunisie, c'est comme labourer l'eau de mer. Mais "La rue", El-nahj, la plus récente création de Ghazi Zaghbani, présentée vendredi 13 mars 2026 à l'espace Lartisto vers 21 h 30, ne s'arrête pas à ce constat. C'est en effet un tableau d'un échantillon de la vie quotidienne dans le "pays du jasmin" où il y a un cocktail dangereux entre pauvreté, délinquance et violence.
El-nahj ne s'arrête pas à ceci, elle montre l'espoir au bout du tunnel, des liens qui se nouent même dans la difficulté, l'amour possible même dans l'indigence.

Dans "La rue", il y a le personnage du metteur en scène qui filme ce quotidien pas très reluisant, pleins d'handicaps et d'anarchie. Ce réalisateur sombre dans la dépression mais au final arrive à donner du courage aux autres.
Huit personnages étaient sur scène : une femme au foyer et ses deux progénitures qu'elle protège au point de les empêcher de vivre, une autre femme, sa sœur vivant dans la même rue, cette fois-ci célibataire, qui fait grandir sa fille toute seule au point que cette dernière lui échappe à défaut de ressources, et un réalisateur rencontrant une marginalisée qui veut quitter le pays.
Celle-ci prend un look masculinisé afin de se protéger d'un regard sexiste. En l'occurrence, elle a été obligée de travailler dans un restaurant et de supporter les avances immorales de son patron, sans scrupule. Ce qui a eu des implications sur son comportement : marqué par son désir d'être à l'abri en permanence en prenant l'allure d'un homme avec un maillot de l'équipe italienne l'Inter Milan.
Ces personnages agissent sous le regard d'un chef de quartier, c'est presque un Omda, une personne de référence à la fois occupée autant par la vie de l'ensemble de ces habitants que par ses propres intérêts, pas toujours corrects d'ailleurs.
"La rue" est très réaliste et mise sur les comédies de situation. Elle est proche de ce que vivent chacun de nous dans la mesure où elle dresse un portrait cherchant l'éveil des consciences afin d'améliorer une vie qui devient sans la moindre qualité.
Les personnages qui portent des noms ordinaires sont incarnés par Rania Gabsi, Tarek Hannachi, Yosra Taoueb, Bassem Bouabid, Yassine Brirmi, Zouhour Mediouni, Sabrine Hrizi et Hajer Ben Ahmed.

Dans ce groupe très homogène se distinguent la très grande qualité de jeu de Tarek Hannachi, excellente puisque le personnage joué est très loin de son personnage dans la vraie vie, ainsi que la performance de Rania Gabsi qui maîtrise parfaitement tout autant les outils du comédien que le mouvement sur scène.
Une mention spéciale à Zouhour Mediouni pour sa belle prestation et la crédibilité de son jeu. Yosra Taoueb a été véritablement très crédible également dans le rôle de la mère poule omnipotente.
"La rue", une heure durant, est un pur moment de bonheur en ces temps durs.












































Le rôle de la mère-poule incarne la cause première des complexes psychologiques que portent en elles les personnes sur le point de se marier. Ces complexes, à leur tour, sont causés par le mari narcissique, et la prévalence de ce type de personnalité dans les familles contribue à fragiliser la société
Je vois que Mazari Taoueb a bien traduit ce malheur.