Hédi Agrebi dans "Dada" défie les normes établies de la musique
- Mohamed-Ali Elhaou

- Mar 19
- 3 min read
Updated: Apr 21
Le spectacle de Hédi Agrebi qui a eu lieu lundi 16 mars 2026 vers 22 h 00 à la salle des jeunes créateurs à la Cité de la Culture à Tunis a été parmi les meilleures surprises des festivités ramadanesques.
Durant une heure et 15 minutes, le bel homme l'artiste Hédi Agrebi a produit une représentation avec des jeunes musiciens de talent. La grande singularité de sa performance, c'est surtout la mise en mélodie, avec un air de jazz, des paroles du défunt poète Sghaier Ouled Hmed.
Ces musiciens sont Ahmed Litaiem à la flûte, Monther Fellah à la basse, Zoubayer Messai au tar, Macym Manâa à la batterie, Louay Soltani au oud et Kyle Schafer au piano.
La mise en mélodie entreprise par la troupe de Hédi Agrebi prouve la présence d'une recherche de fond musicale ainsi qu'un souci de renouvellement de la composition tunisienne en lui donnant un aspect plus international susceptible de communiquer et de brancher avec l'ouïe de l'autre, notamment le citoyen dans les pays occidentaux.

Hédi Agrebi trace effectivement son chemin depuis 2012 dans le monde de la création musicale en toute quiétude en prenant son temps tout en présentant un art interrogeant la sensibilité et la réflexion du spectateur.
"Dada" est justement un de ces projets artistiques montrant la qualité de Mohamed Hédi Agrebi en tant qu'artiste innovant en quête d'autres façons de faire.
Ce projet a été présenté pour la première fois le 6 août 2025 au palais d'Ennejma Ezzahra à Sidi Bou Saïd. Une grande partie de "Dada" consiste à renouveler le patrimoine chanté de manière chill-out, jazzy à l'instar de certains morceaux de la Hathra, notamment "Ana Snaâni Sanâa" ou encore "Maoulaya Salli" et bien d'autres opus.
Parmi les instruments présents, il y a le oud électrique, le piano, la batterie et la flûte électrique. Dans cette distribution, il y a le souci de montrer les liens pouvant exister entre airs occidentaux et airs orientaux.
"Dada" est en effet porté par 'Serial Dreamer' - structure de production artistique basée au Canada - qui a donné moyens, opportunité à cet artiste différent, de talent, Hédi Agrebi, pour montrer l'ampleur et la profondeur de son être artiste à la fois sur le plan du chant mais aussi sur le plan de la composition de même que l'arrangement des joyaux de notre patrimoine musical.
"Dada" est ainsi une occasion pour les amateurs de la belle musique d'admirer et de découvrir des textures harmoniques raffinées couplées avec du groove ainsi qu'un flux rythmique très dynamique et jeune.
C'est donc un concert apportant véritablement une touche moderne à la tradition chantée grâce à des revisitations qui ajoutent des rythmiques polymétriques par les biais de la batterie et du tar (instrument de percussions arabe).
Lors de cette performance exceptionnelle, le morceau "Ilahi" a suscité et attiré bel et bien l'admiration du public. Ce dernier lui a demandé, dans une optique d'interaction, de répéter ce titre : mettant en scène ainsi qu'en mélodie la fuite, la sortie, d'un monde de plus en plus agressif. Un monde en flamme.
Au final, "Dada" présente un univers artistique à ne pas rater pour les amateurs de la musique substantielle. C'est ainsi une prestation créative libre à la croisée des cultures, des sonorités, des normes musicales établies où l'expression esthétique décalée prime et dérange par son aspect transgressif.











































Oui je confirme, Hédi Agrebi mérite plus de place sur la scène musicale tunisienne et ailleurs également.