À Tabarka, Fawzi Chekili fait revivre l'héritage de "Taqasim" au rythme du jazz - Par Sofien Manaï
- Sofien Manaï

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Plus de trente ans après la naissance de son projet "Taqasim", le musicien emblématique du jazz tunisien Fawzi Chekili a renoué, lundi 6 juillet 2026 au soir vers 20 H00, avec le public de Tabarka en présentant "Taqasim Revival", un concert qui a revisité l'un des projets phares de cette musique libre fondée sur l'improvisation dans le cadre des animations de rue "Street Jazz" de la 20e édition du Festival international de jazz de Tabarka.
Loin d'une simple relecture nostalgique, le spectacle a proposé une nouvelle interprétation de compositions créées en 1994, parmi lesquelles Gamra, Minor Tounsi, Pour Un Enfant, Ashtar, Selma's Mosaic, Taqasim, Malouf Funk, enrichies d'arrangements inédits et d'une présence vocale qui ont ouvert ces œuvres à une nouvelle génération d'instrumentistes.
D'ailleurs, lors de la mise en musique du morceau Rêve d'oasis le public a fredonné tout naturellement cette mélodie en chœur, une bonne partie des présents, en fait, la connaissait par cœur.

Dans les rues de cette ville côtière et frontalière avec l'Algérie, le public s'est immergé dans cette performance musicale de plein air, accompagnant les musiciens par des applaudissements rythmés, des chants et des ovations transformant l'espace urbain en une scène ouverte, fidèle à l'esprit participatif du programme "Street Jazz".
Sur cette planche, les dialogues entre guitare, le ney (flute), piano, basse, darbouka et batterie ont fait alterner solos de jazz et sonorités inspirées du patrimoine musical du "pays du jasmin", dans une écriture où chaque instrument trouve sa place sans jamais dominer l'ensemble.
Avec "Taqasim Revival", Fawzi Chekili ne cherche pas à ressusciter un album d'antan, mais bel et bien à en prolonger le parcours artistique.
Les jeunes musiciens associés au projet apportent ainsi un regard contemporain à des compositions qui continuent de nourrir l'univers de jazz local dans ses efforts à retrouver une identité pouvant exprimer les esthétiques spécifiques au pays du Maghreb de manière générale.
À l'issue du concert, le maître Fawzi Chekili s'est réjoui de retrouver le public de Tabarka après six longues années d'interruption du festival, estimant que la relance de cette manifestation constitue tout autant un signal positif pour la vie culturelle nationale que pour cette région du nord-ouest, cherchant développement et amélioration d'infrastructure.
Chekili a en outre souligné la place particulière qu'occupe le Festival international de jazz de Tabarka dans la mémoire des artistes du monde entier et des amateurs de jazz en particulier.
Portée par un public particulièrement réceptif et décontracté, eu égard à la magie de cet endroit se situant entre mer et montagne, la représentation s'est progressivement transformée en célébration du retour du festival autant que de l'héritage musical de "Taqasim", confirmant la capacité du jazz à tisser un lien entre mémoire locale, création universelle et transmission entre arts et cultures différents.
Le line-up, c'est-à-dire les musiciens qui ont contribué à cette performance musicale par leur improvisation et leur élan de créativité, est le suivant : Hichem Badrani, ney et chant, Mehdi Chekili, drums, Hamza Zeramdini, basse, Habib Samandi, percussions et chant, Selma Chekili, piano et chant, et bien évidemment Fawzi Chekili, guitare, compositions et chant.
Remarque : cliquez sur les mots en bleu pour écouter les titres évoqués dans l'article.












































Bravo pour l'article Sofien Manaï !