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"Quelqu'un" de Marwen Missaoui : pur moment théâtral pour la rentrée 2024 du 4ᵉ art

Writer: Mohamed Ali Elhaou
Mohamed Ali Elhaou
Sep 26, 2024
4 min read

Updated: 17 hours ago

Dans le cadre de la cinquième édition de "Sorties au théâtre" qui se déroule chaque soir à partir de 19 h 30 à la Cité de la Culture à Tunis jusqu'à dimanche 29 septembre 2024, s'est produite hier, devant un large public, la pièce "Quelqu'un" du metteur en scène Marwen Missaoui.


Ce metteur en scène est également assisté par Manel Baccouri à la fois dans l'écriture, l'organisation ainsi que dans la construction visuelle de ce spectacle.


"Quelqu'un" de Marwen Missaoui. Dans le cadre de la cinquième édition de "Sorties au théâtre" qui se déroule chaque soir à partir de 19 h 30 à la Cité de la Culture à Tunis jusqu'à dimanche 29 septembre, s'est produite hier, devant un large public, la pièce "Quelqu'un" du metteur en scène Marwen Missaoui. 



Ce metteur en scène est également assisté par Manel Baccouri à la fois dans l'écriture, l'organisation ainsi que dans la construction visuelle de ce spectacle. Stage scene in purple fog: four people in raincoats move and sit under streetlamps, one on a bench holding a bag.
Les personnages de "Quelqu'un" de Marwen Missaoui. Crédit photo : Théâtre de l'Opéra de Tunis

Marwen Missaoui entame sa sixième expérience de mise en scène après avoir été un comédien dans plusieurs spectacles parmi lesquels se trouve 11/14 de Moez Gdiri.


L'originalité de "Quelqu'un" est qu'elle est une autobiographie. Elle contient une réflexion profonde sur la diversité des parcours des individus.


Elle raconte plus particulièrement un morceau de vie de Marwen Missaoui.


Le pari hier était réussi. Dans l'intrigue, il y avait alternance entre moments tragiques et moments comiques.


Cet aspect rend le rythme dramaturgique fluide et permet au spectateur de ne pas porter le fardeau de l'histoire.


En effet, les actes de "Quelqu'un" sont imaginés comme des fresques. La pièce montre la routine dans ce jardin public composé de six poteaux d'éclairage.


Les personnages au début de la pièce, et tout au long, sont vêtus de capuches jaunes.


La musique est enregistrée et commence dès l'installation du premier spectateur. La pièce débute donc avec l'attente des comédiens, des spectateurs et non l'inverse.


Malgré un quotidien difficile, les acteurs de "Quelqu'un" ne sont pas en situation de défaite. Ils se défendent avec humour, énergie et s'acclimatent des uns par les autres par des contournements ou des blagues.


Sur scène, se placent deux bancs publics et la fenêtre de la cuisine de Moncef donnant sur ce fameux jardin.


Sur le plan de la forme, la scénographie est imaginée à travers des situations extérieures c'est à dire dans la rue.


Le jeu des acteurs se prête à la vision esthétique de l'acteur coccinelle : comédien pouvant être tantôt un élément de la scénographie, tantôt un personnage à part entière.

"Quelqu'un" raconte la vie de quartier


Le premier niveau de l'œuvre raconte l'histoire de Miled, appelé Miloud, joué avec un naturel pas à la portée de tous les comédiens par l'excellent Aws Brahim, vivant mal depuis maintenant une année la séparation sans préavis avec sa bien-aimée.


Il est resté donc sur un déchirement, une amertume, car sa bien-aimée ne lui a même pas dit "au revoir".


Du coup, il demeure sur sa soif depuis cette séparation. Il l'attend toujours au même endroit : le jardin public de son quartier.


Ainsi, sur les lumières des lampes de rue, il attend sa dulcinée, mais celle-ci ne revient pas, plus jamais.


Pourtant, il a été correct avec elle; ne se rappelant pas lui avoir fait du tort.


Entre-temps, dans ces moments d'attentes, emplis d'un amour imaginaire et de déchirement, Miloud rencontre plusieurs personnages également fauchés : frappés de plein fouet par les aléas d'une vie les écrasant.


Personnages frustrés


Les personnages de la pièce "Quelqu'un" n'atteignent pas leurs objectifs. Ils n'ont plus de but dans la vie. Ils cohabitent avec la désespérance .


C'est le cas, par exemple, de Nadhir, décidant de ne plus sortir de son sac de couchage. Même quand on le violente, il préserve le seul lieu lui restant où il pourra se sentir en sécurité.


C'est aussi la situation de Zaineb jouée par Zaineb Marzouki, très sensible sur scène avec une voix vibrante et fragile. Zeineb a un faible véritable pour Miloud mais qui ne sait pas comment attirer son attention et son amour.


Le parcours d'un autre personnage Farid, est également suscite la réflexion, interprété avec brio par Mohamed Barhoumi.


Frère de Miled, Farid est parti à l'étranger, mais pour rentrer à la fin bredouille. Il a bien appris, lors ce voyage raté, comment ne plus respecter aucune norme et devenir, chemin faisant, brigand.


D'un autre côté, il y a Moncef, aveuglé par l'amour de sa femme, Saïda, au point se sentant plus esclave de cette adoration.


Sa conjointe le considère comme son gamin, bien plus comme son homme. Moncef répand souvent la réplique suivante : "plus tu aimes, plus tu perds de ta virilité".


Il faut bien dire que sa femme Saïda l'infantilise et ne l'entend plus du tout. Tellement le néglige-t-elle qu'elle va rechercher son bonheur et sa satisfaction personnelle en dehors du foyer avec d'autres : elle donne de l'amour au premier arrivant sauf à son conjoint.


Au fond d'elle-même, elle pense qu'elle a fait le mauvais choix sans pourtant se séparer de Moncef.


C'est ainsi l'ensemble de ces personnages qui interagissent avec Miled dans un spectacle durant une heure et demie.


"Quelqu'un" aborde en substance la société des individus dans laquelle chacun est en quête de son salut personnel sans réellement l'atteindre.


Le quartier montre l'ampleur de la toxicité ambiante : personne n'est plus valable, c'est-à-dire au moins en état de compréhension de lui-même et des autres.


Dans ce cadre, c'est le dégoût social qui s'installe dans les relations, comme c'est bien montré dans cette pièce de Marwen Missaoui; même si tout le monde recherche de l'amour et de l'affection.


Petite remarque finale, le spectateur aurait aimé entendre une musique live accompagnant l'évolution de la dramaturgie et pas uniquement une bande enregistrée, même si celle-ci est très belle.


Les personnages ne sont pas maquillés, ne portant pas de masque, en dehors de Mondher avec des paires de lunettes solaires, et sont habillés avec des costumes réalistes.


"Quelqu'un" est œuvre à voir. Elle emprunte un registre cinématographique. Sur le plan de sa narration, elle est réellement accessible, légère et travaillant sur les situations dramatiques-comiques.


1 Comment

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Guest
Sep 26, 2024
Rated 3 out of 5 stars.

مسرحية "واحد" لمروان ميساوي

عمل مسرحي لا داعي لأن اصف الموجد فيه لأني لا أحبذ وصف العناصر الظاهرة بقدر نقد محتوى العرض ... أولا على مستوى النص كركيزة أساسية في العمل المسرحي نظرا لأهمية الحوار في مسرح... نص لا يرتقي للشاعرية المسرحية التي تنبني على كلام مسرحي أي حوارا جديا... كل كلمة فيه ترميز بضرورتها وخصوصيتها وقيمتها في العمل حيث أننا نجد كلامًا لا يكاد يختلف عن الحوار اليومي الذي نسمعه في شوارعنا التونسية و بالتالي لم استمتع بالنص بل شعرت بالاشمئزاز من بعض العبارات المتكررة مسرحيًا وسمعيا التي لم اشعر انه تم الغوص فيها وإبراز حقيقة مكامنها المعنوية بقدر سطحية اللفظ... علاوة على أنه لا يوجد ما يشد في النص.

ليست صرامة أو تعصبا في الرأي ولكن مالذي خرجت…

Edited
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