Adaptation réussie de Hamlet par Khaubaib Ayari : chaque moment tragique se transforme en un espace de jeu comique et léger

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Samedi 26 septembre 2026, dans le cadre de la septième édition de "Sortie au théâtre" organisée par le Théâtre de l'Opéra de Tunis, les passionnés du 4e art avaient rendez-vous avec la pièce 'Hamlet, comédie de la mort' du metteur en scène surprenant par son charisme sur scène Khaubaib Ayari. Cette pièce dure environ une heure et trente minutes.
Celui-ci est à la fois concepteur de ce spectacle, au vrai sens du terme, et également acteur, dans le rôle du King Claudius, sur les planches de la salle des 'Jeunes créateurs' à la Cité de la culture.

Les costumes des personnages sur scène sont un mariage subtil entre habits comiques, anciens et contemporains. Le rythme de la pièce est dynamique et se présente comme plusieurs fresques de drôles situations théâtrales.
La musique mobilisée va de la mélodie classique à celle de Metallica, notamment vers la chute de cette représentation où les comédiens tapent sur des casseroles et forment un début d'une symphonie du changement.
Forme satirique
'Hamlet, comédie de la mort' est une adaptation satirique de la tragédie d'Hamlet de William Shakespeare. Son anachronisme comme choix esthétique, son aspect saugrenu et la sélection minutieuse de sa musique alliant jazz, blues, rock et certains rythmes tunisiens ont suscité grandement l'intérêt des présents.
Alors que l'on parle du début du 17e siècle, les dix personnages mobilisés dans cette pièce ont également des téléphones mobiles, écoutent la radio et s'informent via la télévision.
'Hamlet, comédie de la mort' survole, en réalité, la tragédie d'Hamlet et a pour, entre autres, message que le rire est toujours possible, même souhaitable lors des horizons bouchés.
Ainsi, elle a plutôt pris l'intrigue de Hamlet comme un prétexte pour un nouveau commencement. Le but est donc de jouer avec elle, la déconstruire et la fragmenter.
Des parties de la tragédie d'Hamlet apparaissent, puis s'en détournent et sont même tournées en dérision.
Communication avec le réel
Les personnages entrent et sortent de leurs trajectoires connues, et les scènes se transforment soudainement en tableaux amusants et absurdes; comme si l'histoire n'était plus une fin en soi, mais un moyen de dire quelque chose qui nous concerne, ici et maintenant : la perte de la bonne direction.
C'est précisément ce qui a rendu le spectacle proche du public : des répliques actuelles, des insinuations sur le relationnel et ses difficultés au 21e siècle.
En outre, 'Hamlet, comédie de la mort', une production de l'Aristophane à Oued Zarga, gouvernorat de Béja, est ainsi un très bel exercice d’expérimentation théâtrale.
Le plus beau dans 'Hamlet, comédie de la mort', c'est son lâcher-prise calculé. Khaubaib Ayari et sa troupe ont bien joué contre le maître absolu du 4e art.
Ils se sont moqués de certaines de ses mécaniques narratives, sans tomber dans le ridicule, en gardant la théâtralité du récit et de la représentation.
Dans 'Hamlet, comédie de la mort', le décès devient risible, la tragédie un espace de jeu. Hamlet, au lieu d'être accablé de questions, de doutes, devient un personnage de l'égarement: montrant la fragilité humaine, sa faiblesse et surtout sa splendeur.
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