Le Centre Culturel International de Hammamet renoue avec la tradition du cinéma en été et donne l’expression aux jeunes talents

Aug 6, 2024
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Updated: Aug 17
Du cinéma en été ? C’est ce qui manque véritablement à nos festivals. Le Centre Culturel International de Hammamet en a décidé autrement.
Il a en effet renoué en bonne et due forme avec cette tradition qu’avait par exemple le festival International de Carthage en after vers la fin des années 90 ainsi qu'au tout début des années 2000.
Ce lieu culturel programmait, jadis, et à titre d’exemple, le film Mission Impossible De Brian de Palma ou encore Galidator de Ridley Scott.
L'éveil de cette tradition un peu oubliée, le 5 au 11 aout 2024 se tient à Hammamet, et plus particulièrement à Dar Sébastien, un événement s’intitulant "Les écrans de Hammamet".
Cette manifestation culturelle inédite, par le fait qu’elle se situe après un grand festival, se veut promotrice de jeunes talents utilisant les nouvelles technologies, notamment de la téléphonie mobile pour réaliser un court-métrage dont la longueur est entre trois et sept minutes.
C'est la première fois que s’organise ce genre d’événement dans le but de faire revivre l’art audiovisuel et donner l'opportunité de s'exprimer aux jeunes talents émergents.
Selon le directeur artistique du projet Ibrahim Letaïef, "cette manifestation est une célébration de l’innovation et de la créativité". D'ailleurs, la culture dans notre pays aspire depuis des décennies à devenir la locomotive du développement.
Semaine de compétition
Dans le monde de l’art, depuis les innovations d’Andy Warhol, la technologie a souvent été le prolongement de l’imaginaire du créateur. Ainsi, huit films, réalisés exclusivement avec des smartphones, seront en compétition.
Certains ont travaillé avec la technique du ¾, d’autres avec la technique du 16/9.
Ces films sont respectivement : "Lumières Invisibles" de Wiem Rebah, "Deadline" de Hazem Fenira, "Mon double" de Karama Sayadi, "Champ contre champ", de Nermine Ben Hmida, "À suivre…" de Fares Lafif, Si Bastien de Rayen Bedoui, Imène Ghazouani, avec son court-métrage "Le si magique d’être" et Youssef Ben Said, avec "Broova". Ses premières propositions filmiques sont soutenues par le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI).
Cette initiative vise à susciter l’intérêt pour le 7ᵉ art, qui en réalité est le "parent pauvre des arts dans notre pays" (déclaration le 05 aout 2024) selon l’expression de la réalisatrice Selma Baccar en marge de cette semaine du court-métrage.

Les très jeunes cinéastes ont été épaulés dans leur travail créatif par Sami Ben Said, compositeur/arrangeur et sound designer.
Il est musicien studio depuis 1990. Aussi, Chayma Rhayem, ingénieure spécialisée en post-production, montage son et mixage, a également encadré ces travaux.
Signalons que trois minutes ou quatre minutes de produit final filmé exige au minimum deux mois de travail en production et en post-production.
Les cinéastes ont fait usage d’un iPhone 13 ProMax. Ce téléphone offre des possibilités de réalisation qu’offre bel et bien une caméra professionnelle ou presque.
Dans la phase de l’écriture du scénario, les jeunes candidats à leur première expérience au court-métrage ont été soutenus par la réalisatrice Khedija Lemkecher. Celle-ci avait assuré une masterclass.
Elle est autrice et réalisatrice de films documentaires principalement. Aussi, le réalisateur Hamza Ouni a été de plus présent pour encadrer les candidats. Lui, le spécialiste de l’écriture pour le cinéma.
En phase de production, les jeunes cinéastes ont été accompagnés par Houssam Sanssa, Rami Jarboui, deux réalisateurs confirmés et Khaoula Houjji, monteuse de films.
Première soirée
La première nuit de projection a commencé vers 21 h 00 et s’est poursuivie jusqu’à minuit. Elle a été marquée par la présence du grand réalisateur Férid Boughedir et le réalisateur et acteur de talent Fares Naânaâ et l’éminente réalisatrice Salma Baccar.
C'est bien le long Métrage El Jaida (2017) qui prend toute la lumière et dont la forme est d’une beauté exquise, mais où le contenu était d’un féminisme radical, montrant presque uniquemet la prison des femmes, Dar Jwed, avant l’indépendance tunisienne.
Cette prison est le produit des conjoints, hommes, selon la réalisatrice qui répudiaient leurs femmes si celles-ci deviennent déviantes. Après le film, les membres organisateurs discutaient entre eux et ne voulaient pas vraiment ouvrir le débat sur la problématique que pose ce film.
A signaler, par ailleurs, le formidable jeu de l’acteur Bilel Béji dans ce drame, acteur que l’on ne voit plus sur nos écrans depuis maintenant sept ans minimum. Bilel Béji est, en fait, parti s'installer au Maroc.

Dans ce programme, il y avait aussi le court-métrage "Champ contre champ", de la toute jeune réalisatrice Narmine Ben Hmida, venant d’obtenir son baccalauréat.
Durant cinq minutes, la fiction ne contenait pas de narration claire. Il n’y avait pas, en outre, la mise en jeu des acteurs.
Le visuel raconte le passage des sentiments entre deux générations d’actrices, à savoir Mouna Nourredine et Ibaa Hamli. Celles-ci ont joué le même rôle dans la pièce Othello de Shakespeare, avec 60 ans d’intervalle.
Dans le film de Hazem Fenira, un jeune qui vient d’obtenir sa licence de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique (ISAD), on trouve une intrigue, un suspens, voire une critique de la société qui est fondée sur les réseaux sociaux et où tout le monde chéri son propre narcisse et cherche sans merci sa gloire rapide.
Dans ce court-métrage de cinq minutes, Hazem a joué lui-même trois personnages : le bien, le mal et le candidat à une compétition à un concours de réalisateur.
Cette fiction, pose le problème de la pression présente toujours dans la vie : l’impératif de réussir, les labyrinthes de l’échec, de la dépression, voire de la folie.
Le making of de Deadline de Hazem Fenira, juillet, aout, 2024
Dans cette fiction, il y a en filigrane une critique de la mise en place des choses à la dernière minute sans préparation minutieuse préalable.
Deadline de Hazem Fenira raconte l’individu et ses tourmentes. À défaut de ne pas parler de tout, ce sont ces éléments qui ont retenu l’attention dans cette manifestation "Les écrans de Hammamet" en cette première journée. Lequel événement se poursuivra jusqu’au 11 aout 2024.












































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