"Les nuits blanches" de Fiodor Dostoïevski à Tunis : relation amoureuse à sens unique faite de déception, sans rancune
- Mohamed Ali Elhaou

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Updated: 4 days ago
Ce qui a été montré dans le spectacle russe "Les nuits blanches" de Natalia Nikolaeva, le 30 mars 2026 à la salle du 4e art avenue de Paris à Tunis, dans le cadre de la 4ème édition de "Tunis Théâtres du Monde", est justement ce qui manque à nos pièces de théâtre : un peu de romantisme et pourquoi pas une relation charnelle liant la femme à l'homme.
Depuis une décennie, en effet, le spectateur du quatrième art dans notre pays voit rarement de l'amour sur scène. Il assiste plutôt à des relations de déchirement entre ces deux protagonistes de la vie sociale voire au chaos.
"Les nuits blanches", qui a été présenté lundi dernier, est une œuvre romantique complexe, faite de déception sans rancune, inspirée de l’œuvre de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski écrite en 1848.

La scénographie a été conçue par Maria Boutousova de manière joviale. Dans cette fresque qui nous a fait voyager à la capitale russe Saint-Pétersbourg jouent Kirill Fiodorov, Anna Tchepenko, Alina Tchernobrovkina, Konstantin Sakovitch et Irina Khmil.
Dans "Les nuits blanches", trois principaux protagonistes (il y a également le personnage de la grand-mère et de la femme de ménage) se partagent donc la scène : le "Rêveur", un jeune homme sensible et naïf, vivant dans un monde illusoire qu'il imagine sans tracas et plein de fantasmes.
Les circonstances de solitude et de déambulation dans les rues et ruelles de Saint-Pétersbourg vont faire sa rencontre avec Nastenka, une jeune fille orpheline et candide ayant grandi dans un milieu orthodoxe et conservateur, pour quatre nuits blanches.
Nastenka vit, en fait, avec sa grand-mère, qui l'emprisonne et la surveille tout le temps. La jeune fille veut changer sa situation de départ, et elle a appris avec le temps comment échapper à la culture conservatrice dans laquelle elle a été construite.
Le "Rêveur", dès qu'il la voit, va très vite avoir un coup de foudre pour cette belle jeune fille, il va lui faire des aveux d'amour, lui raconter son existence et déballer l'ensemble de ses cartes sans laisser aucune part de mystère.
La belle Nastenka va dans son sens, joue le jeu du romantisme, mais dans le fond elle est bien plus pragmatique que lui. Son apparence d'ange l'aidant.
Elle profite de ces quatre nuits blanches pour recharger l'amour qui lui manque et pour avoir le sentiment d'être aimée et désirée, mais au bout de la quatrième nuit elle part avec le personnage du "Locataire" qui, bien plus que le "Rêveur", a une capacité d'action dans le monde matériel ainsi que les moyens et l'équilibre nécessaires pour mener une vie relativement réussie.
Vers la fin de la pièce "Les nuits blanches", Nastenka demande au "Rêveur" de ne pas être rancunier, de lui pardonner ; mais le pauvre, que peut-il faire quand sa bien-aimée est juste un petit passage heureux dans une existence monotone ?
Sur le plan de la forme de la pièce, "Les nuits blanches" comporte un petit décor minimaliste avec des escaliers, une planche qui fait office de balcon et un petit couloir mobile permettant entrée et sortie, parfois machinale, de certains comédiens.
Les costumes sont féeriques, Nastenka par exemple est habillée à l'image de Blanche-Neige dans le dessein d'accentuer l'apparence d'angélisme voulu par Dostoïevski.
Durant 80 minutes, les spectateurs ont pu comprendre cette fresque universelle, même si elle est jouée en russe. Le sous-titrage n'était pas très clair d’ailleurs.
"Les nuits blanches" est, sans doute, un très bon moment de théâtre classique malgré la domination des discours et des paroles sur le jeu lui-même des personnages en présence.
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