Emel Mathlouthi à Dougga dans la 49e édition de son festival international : la musique et le chant la font briller de mille couleurs
- Mohamed Ali Elhaou

- Jul 4, 2025
- 3 min read
Ça lui arrive de pleurer à force de s'engager dans la profondeur de l'interprétation. Elle se définit comme poétesse, musicienne et activiste sincère.
Artistiquement, elle se donne pour mission de relier à la fois les notes de la musique occidentale à celles de la musique orientale. Son univers est une fusion : métal, pop et entrelacs entre mélodies du sud et du nord.
Aujourd'hui, Emel Mathlouthi est connue et aimée pour sa voix éthérée, son jeu théâtral, sa mode vestimentaire avant-gardiste et décalée, mais aussi un chemin musical qui rejoint ce qu'avait fait la célèbre Madonna, plus particulièrement dans la chanson Frozen, ou encore ce que fait la chanteuse irlandaise Enya, voire le groupe rock The Cranberries et leur fameuse cantatrice : Dolores O'Riordan, décédée le 15 janvier 2018.

Cela fait donc cinq années qu'Emel Mathlouthi travaille sur un style un peu métal et très enflammé à certains moments, à la fois dans ses clips et lors de ses concerts en live. Occasions qui transmettent beaucoup d'adrénaline.
C'est, en fait, cette esthétique globale qui a été présentée lors de la 49ᵉ édition du Festival international de Dougga.
Genre musical inclassable
Le spectateur qui a assisté à ce concert d'Emel Mathlouthi le 2 juillet 2025 dans cet endroit romain mythique et historique qu'est le théâtre de Dougga a écouté des univers mélangés mêlant punk, métal, fusion, folk, musique classique et bien d'autres airs tels que la house progressive, en passant par la musique synthétique et le trap-hop.
Ainsi, difficile donc de déterminer le genre musical que présente cette cantatrice sillonnant la planète à la recherche d'une identité artistique renouvelée sans cesse.
Emel Mathlouthi brise souvent l'univers d'attente et d'écoute chez le spectateur. Celui-ci, la plupart du temps, demeure admiratif de l'ambiance énergique qu'Emel Mathlouthi lui transmet.
Spectacle d'Emel Mathlouthi à Dougga. Crédit photo : culturetunisie.com
Ne pas être identifié ou catégorisé par un genre musical unique est quelque chose qu'Emel tient également à construire au fil de vingt années de carrière et le montre clairement sur scène.
Avec une très grande puissance dans la voix et une amplitude de chant sortant de l'ordinaire, Emel dit faire désormais de la musique pop, plus particulièrement dans son dernier album MRA, qu'elle consacre à la "femme du monde entier".
Emel Mathlouthi, boule d'énergie à Dougga
Tenant en haleine son public, deux heures durant, de 22 h 30 à 24 h 30, Emel Mathlouthi n'épargne aucun effort pour faire véhiculer sa musique, sa curiosité, sa révolte, son désir de changer le monde et plus particulièrement hisser la condition féminine qu'elle trouve encore marginale.
Sur la scène de Dougga, Emel Mathlouthi a célébré son album MRA, entièrement réalisé par des femmes. MRA, selon elle, est "une ode féministe centrée sur la force, la passion et les expériences vécues des femmes".
Surprise de ce concert, Emel, la Tunisienne qui vit aux États-Unis, a fait monter la première rappeuse du pays, à savoir FBK, avec un morceau comportant une rythmique conjuguant le rock au rap avec une forte dose de poésie et d'espoir.
D'ailleurs, trente femmes de 22 pays à travers le monde se sont associées à Emel pour travailler sur son dernier album MRA, des ingénieurs son et producteurs de musique aux directeurs artistiques et autres chanteurs et musiciens.
Emel Mathlouthi pense ses chansons comme des morceaux pour l'universel, pour une mondialisation plus humaniste et plus juste. Ses paroles, ses mélodies et la rythmique de ses œuvres incarnent un outil puissant pour introduire le renouveau dans un monde de plus en plus agressif.
À écouter son art, le public ressent la quantité de recherches pour produire une musique fluide fondée sur un mariage de genres.
Il s'agit d'un art de broderie permanent, consciencieux et alternatif. Art qui véhicule une dose de critique au monde tel qu'il est vécu à l'heure actuelle.
Ses tracks invitent à "briser les chaînes", comme elle aime le rappeler à plusieurs reprises après chaque prestation.
Ses paroles chantent l'éveil et la transformation, à l'image de : "I will rise again like a phoenix."
Emel Mathlouthi au final sent que la planète entière lui appartient et ne pas avoir dit son dernier mot artistiquement parlant.
Sa voix ne connaît véritablement pas les limites de la technicité du chant.




















































Comments