Mayada et Mouhamad Khairy font voyager le public de Carthage dans la gloire du chant et de la musique arabes d'antan
- Mohamed Ali Elhaou

- 1 day ago
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La présence le 6 août 2026 de Mayada El Hennawy sur les planches du Festival International de Carthage ravive des souvenirs de cinquante ans de carrière.
Cette diva syrienne du chant arabe a marqué une époque où la chanson égyptienne dominait le monde arabe, notamment à travers les mélodies de Baligh Hamdi.
En effet, l'Égypte était le cœur de la création artistique jusqu'à la fin des années 90. Elle semble avoir cédé sa place pour le Liban. Ce pays du cèdre qui arrive à produire une quantité d'artistes imposante sur la scène arabe malgré les guerres qui le traversent de temps à autre.
Mayada El Hennawy, en deuxième partie de soirée, elle qui est née le 8 octobre 1959, a fait presque deux heures de chant non-stop. Elle fut accompagnée par un orchestre qui contenait les meilleurs musiciens du pays qui s'exécutaient sous la baguette de Youssef Belheni.

Devant un public très ravi par sa rencontre jusqu'à une heure du matin, la diva syrienne a chanté les tubes qui ont fait sa gloire et qui passent en boucle depuis des décennies dans les radios de masse dans notre pays. On cite à titre d'un seul exemple : Habina w thabina, qui a vu le jour en 1982.
"Mayada", comme ses fans aiment bien l'appeler, a été très heureuse de la rencontre du public de Carthage qu'elle a vu pour la dernière fois en 2005.
Ce qui caractérise "Mayada" est surtout la limpidité de sa voix, son calme pour articuler les différentes émotions et paroles que contiennent ses morceaux. Ainsi, elle a une aura inégalée même si elle a perdu beaucoup de poids depuis peu.
En première partie de soirée, le public tunisien découvre, pour la première fois, Mouhamad Khairy, un chanteur et interprète très prometteur puisqu'il a l'aval du chef d'orchestre Mazen Zawaedi, un éminent compositeur et arrangeur musical libanais. Mazen Zawaedi a en effet travaillé durant trois décennies avec la légende vivante Georges Wassouf.

Mouhamad Khairy a enchanté les présents de 22 h 00 à 23 h 00 avec un répertoire classique syrien qui s'est fait connaitre à travers la voix sublime de Sabah Fakhri.












































Tout comme un produit possède sa cible, son marché et ses consommateurs, un artiste a son public : ceux qui l’admirent et qui font vibrer ses concerts.
La scène est avant tout le théâtre d'une communion intime entre l’artiste et son public.
Dès lors, le public qui a assisté hier au concert de Mayada et qui a critiqué la fragilité de sa voix s'est tout simplement trompé d'époque et de lieu. Quant à ceux qui l’ont critiquée sans même avoir fait le déplacement, ils sont tout bonnement hors cible : Mayada ne s'adresse pas à eux, et ils ne la concernent en rien.
Soyons réalistes : Mayada n’ignore pas que ses capacités vocales et physiques ne sont plus celles de…