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Gnawa Diffusion à Hammamet : chant et musique de la répétition du même sous le prétexte de l'alternatif

  • Writer: Mohamed Ali Elhaou
    Mohamed Ali Elhaou
  • 1 day ago
  • 2 min read

La musique et la chanson dites engagées ne sont pas toujours plus intéressantes, plus créatives, que la musique et la chanson dites commerciales.


Prenons l'exemple de ce qu'avait fait la chanteuse libanaise Yara le 18 juillet 2026 et la prestation du groupe Gnawa Diffusion le 20 juillet. Dans le premier spectacle, le public reste à la dernière minute et dans le second, le public part au milieu du spectacle avec une impression de musique de bruit et de la répétition du même.


Amazigh Kateb leader du groupe Gnawa Diffusion et sa voix au chant également, joueur de guembri par ailleurs, sur la scène du Festival International de Hammamet le 20 juillet 2026. Singer in blue sings into a mic with a guitar, flanked by keyboardist and drummer on a smoky purple-lit stage.
Amazigh Kateb leader du groupe Gnawa Diffusion et sa voix au chant également, joueur de guembri par ailleurs, sur la scène du Festival International de Hammamet le 20 juillet 2026. Crédit photo : culturetunisie.com

La plupart du temps ainsi, le public s'amuse davantage sur la musique et chanson dites commerciales bien plus que dans un univers engagé qui nourrit l'utopie et se trouve le plus souvent fondé sur une idéologie néo-marxiste-hippie dans la plupart des cas, qui produit des cercles vicieux de représentations.


C'est l'impression ressentie lors du spectacle du groupe franco-algérien Gnawa Diffusion hier 20 juillet 2026 au Festival International de Hammamet.


Le concert a démarré à 22 h 15 et a duré plus de deux heures. Il a été jalonné par des titres engagés dénonçant la misère de l'existence, notamment dans les pays du Maghreb.


Les morceaux présentés allient le plus souvent rythme reggae/sahraoui et paroles humoristiques et farfelues, notamment à l'écoute des tubes du groupe Ya Malika, Douga Douga, Je voudrais être un fauteuil et Ya Laymi, ainsi que plusieurs autres chansons.


Ainsi, le vrai problème de cet art dit alternatif, c'est que la plupart de ses morceaux se ressemblent et sont fermés sur eux-mêmes. En d'autres termes, ils n'engagent que ceux qui croient à une idéologie néo-communiste, sans normes, très présente dans la musique elle-même et dans le texte prononcé.


Plus largement, Gnawa Diffusion est une expérience artistique tout de même respectable et représente une identité artistique profondément influencée par l'exil, la "critique artiste" et le mélange culturel en se remémorant la "révolution culturelle" de mai 1968 qui a eu lieu en Europe et en Amérique.


Sous la direction d'Amazigh Kateb, fils de l'écrivain Kateb Yacine, ce groupe fondé en 1989 a Grenoble (France) concocte depuis la fin des années 1980 une musique engagée, fermement enracinée dans la dénonciation de l'existant structuré par le politique.


Prônant le métissage et la culture du "citoyen du monde", leur musique est un mélange, une fusion, entre rap, reggae, raï et jazz. Leur musique est tellement hybride et forte qu'elle tombe parfois dans le bruit, comme on l'a vu hier à Hammamet.



Remarque : cliquez sur les mots en bleu pour écouter les titres musicaux mentionnés et pour avoir plus d'information sur la construction de cet article.

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