top of page

Djamel Laroussi ouvre le bal du "Street Jazz à Tabarka"

  • Writer: Mohamed Ali Elhaou
    Mohamed Ali Elhaou
  • Jul 3
  • 3 min read

Alors que la mer dessinait l'horizon de Tabarka, où la tour se dressait en s'illuminant de couleurs variées, une foule nombreuse de Tunisiens et de touristes algériens s'était rassemblée pour fêter le retour de la musique.


En l'occurrence, les festivités ont commencé hier jeudi 2 juillet 2026 du Festival de Jazz à Tabarka par le concert de l'artiste algérien polyvalent Djamel Laroussi et sa troupe composée d'un pianiste, d'un contrebassiste, d'un batteur et de lui-même, guitariste et chanteur.


Cette prestation musicale a été livrée en plein air à partir de 20H00, dans une scène envisagée au bord de la mer et protégée par les hautes montagnes. Les habitants se sont amassés pour découvrir cet artiste et son univers musical comme s'ils venaient voir un autre son de cloche autre que la Coupe du monde de football.


Djamel Laroussi le 2 juillet 2026 sur les planches du Festival de Jazz à Tabarka. Section "Street Jazz".Male singer-guitarist on a blue-lit stage with arms outstretched, performing into a microphone beside drums.
Djamel Laroussi le 2 juillet 2026 sur les planches du Festival de Jazz à Tabarka. Section "Street Jazz". Crédit photo : culturetunisie.com

L'univers artistique de Djamel Laroussi est décalé. Il opère avec une rythmique sahraouie, funky, jazzy et parfois gnaoua venant des limbes de l'Algérie et provient aussi de ce que ce pays sait produire de plus exquis.


Ce concert donné sur la place publique avait duré une heure et demie où le public s'est amusé en dansant et en savourant des morceaux très bien joués tels que le fameux morceau Take Five qui revient au jazziste Dave Brubeck.


Ce chef-d’œuvre de jazz a été présenté avec une touche maghrébine, Djamel Laroussi a, de fait, bien profité de la singularité de son jeu de guitare (lui le gaucher) et de son sens rythmique, prouvant ainsi que le jazz est une langue universelle et humaniste capable de rendre compte de la multiplicité des identités et des expressions. 


Avec les premières représentations de "Street Jazz", la rue devient non seulement une plateforme pour une offre musicale gratuite mais bien un véritable espace public où s'exprime une vision du monde, de l'amour, des relations sociales, de la fidélité et même du sens de notre existence.


C'est bien de ceci que Djamel Laroussi parle dans les mots qu'il fredonne et performe avec symbiose devant l'auditoire, sans complexe et en toute simplicité.


De fait, le jazz, qui est une musique libre au fond, se rapproche des gens et transforme la ville, en un espace-temps limité, en véritable lieu d'insouciance loin du bruit et du stress de tous les jours.


Quatuor en harmonie avec Tabarka


Les pouls de ce quatuor de musiciens se sont fondus tout naturellement dans le décor de cette ville, Tabarka, dont les traces du mélange culturel subsistent encore, même dans ses ruines et ses gourbis.


Sans conteste, la soirée fut agréable et le jazz est revenu à son foyer naturel, son premier domicile, avec cette représentation algérienne de "Street Jazz" dans le cadre de la 20e édition du Festival de Jazz de Tabarka.


Djamel Laroussi ainsi que ses partenaires de scène ont donc bien montré leur prouesse d'instrumentiste dès l'entame de ce spectacle par une introduction musicale à la guitare.


Dans ses choix musicaux, l'artiste a navigué entre différentes étapes de sa carrière qui dure depuis plus de trente ans maintenant, faisant résonner dans l'air les paroles de "Laâfou", "Kama toudine toudene", "Kifach Hilti", "Nadim", le magnifique titre "Hob Akhir Ezamene" (amour en réseau, un vrai diagnostic du lien amoureux dans nos sociétés actuelles) et "Hasna".


En harmonie avec son identité artistique, Djamel Laroussi a clôturé le spectacle avec son tube Djilali Dawi Hali de son album "Étoile Filante" sorti en 2003.


Le clip original de Djilali Dawi Hali.Crédit vidéo : chaîne officielle de Djamel Laroussi

Ce concert a révélé, au final, un musicien ne cherchant pas à exhiber sa technique, autant qu'il s'efforce de construire un dialogue entre les styles musicaux orientaux et occidentaux.


L'ensemble de la prestation de cette troupe algérienne est resté fidèle à l'esprit du jazz en s'appuyant sur l'improvisation et l'alchimie instantanées entre les musiciens. En même temps, elle puise dans la phrase mélodique issue de la mémoire algérienne : ses rythmes qui évoquent la profondeur de l'appartenance maghrébine et africaine. Un vrai régal estival !



Remarque : cliquez sur les mots en bleu pour écouter les titres évoqués dans l'article.







Comments

Rated 0 out of 5 stars.
No ratings yet

Add a rating
 À l'affiche

    Lancé en 2015, culturetunisie.com avait une vocation de formation à l'écriture sur l'art avant de se transformer en 2020 en une plateforme spécialisée dans la couverture des manifestations artistiques et culturelles en Tunisie. Aujourd’hui, culturetunisie.com propose des articles journalistiques, des interviews et des portraits en trois langues : arabe, anglais et français.  

    Pour toute information, veuillez contacter Mohamed Ali Elhaou, fondateur de ce support culturel, à l'adresse suivante : elhaou@gmail.com

    Vos informations ont bien été envoyées !

    bottom of page