top of page

Adaptation réussie de Hamlet par Khaubaib Ayari : chaque moment tragique se transforme en un espace de jeu comique et léger

Writer: Mohamed Ali Elhaou
Mohamed Ali Elhaou
3 hours ago
3 min read

Samedi 26 septembre 2026, dans le cadre de la septième édition de "Sortie au théâtre" organisée par le Théâtre de l'Opéra de Tunis, les passionnés du 4e art avaient rendez-vous avec la pièce 'Hamlet, comédie de la mort' du metteur en scène surprenant par son charisme sur scène Khaubaib Ayari. Cette pièce dure environ une heure et trente minutes.


Celui-ci est à la fois concepteur de ce spectacle, au vrai sens du terme, et également acteur, dans le rôle du King Claudius, sur les planches de la salle des 'Jeunes créateurs' à la Cité de la culture.


Les costumes des personnages sur scène sont un mariage subtil entre costumes comiques, costumes anciens et costumes contemporains.


Le rythme de la pièce est dynamique, elle se présente comme plusieurs fresques de situations théâtrales comiques. La musique mobilisée va de la mélodie classique à celle de Metallica, notamment vers la chute de cette représentation où les comédiens tapent sur des casseroles et forment un début d'une symphonie du changement.


Adaptation satirique


'Hamlet, comédie de la mort' est une adaptation comique voire satirique de la tragédie d'Hamlet de William Shakespeare. Ce qui est original dans cette adaptation sarcastique et ironique, c'est son anachronisme, son aspect farfelu et le choix minutieux de sa musique alliant jazz, blues, rock et certains rythmes tunisiens.


Alors que l'on parle du début du 17e siècle, les personnages ont également des téléphones mobiles, écoutent la radio et s'informent via la télévision. Au milieu des clins d’œil à Hamlet, le spectateur (trice) peut également trouver des situations comiques très bien travaillées.


'Hamlet, comédie de la mort' survole, en réalité, la tragédie d'Hamlet et a pour message que le rire est toujours possible et même souhaitable dans des situations d'horizons bouchés.


Elle a pris plutôt l'intrigue de Hamlet comme nouveau commencement pour jouer avec elle, la déconstruire et la fragmenter. Des parties de la tragédie d'Hamlet apparaissent, puis s'en détournent et sont même tournées en dérision.


Communication avec le réel


Les personnages entrent et sortent de leurs trajectoires connues, et les situations se transforment soudainement en tableaux satiriques et amusants.


Comme si l'histoire n'était plus une fin en soi, mais un moyen de dire quelque chose qui nous concerne, ici et maintenant : la perte de la bonne direction.


C'est précisément ce qui a rendu le spectacle proche du public : des répliques actuelles, de la musique contemporaine et populaire de temps à autre et des insinuations sur le relationnel et ses difficultés au 21e siècle.


En outre, 'Hamlet, comédie de la mort', une production de l'Aristophane à Oued Zarga, gouvernorat de Béja, est ainsi un très bel exercice d’expérimentation théâtrale.


Le plus beau dans 'Hamlet, comédie de la mort', c'est que c'est une pièce qui n'a pas traité Shakespeare comme un texte devant lequel il faut se tenir avec toute la révérence sacrée. Khaubaib Ayari et sa troupe s'en sont approchés, ont joué avec ce maître absolu du 4e art, se sont moqués de certaines de ses mécaniques narratives, sans tomber dans le ridicule et en gardant la théâtralité du récit et de la représentation.


Dans 'Hamlet, comédie de la mort', le décès devient risible, la tragédie un espace de jeu, et Hamlet, au lieu d'être accablé de questions et de doutes, devient un personnage farfelu montrant la fragilité humaine, sa faiblesse et surtout sa splendeur.


Mohamed Ali Elhaou



 
 
 

Comments

Rated 0 out of 5 stars.
No ratings yet

Add a rating
 À l'affiche

    Lancé en 2015, culturetunisie.com avait une vocation de formation à l'écriture sur l'art avant de se transformer en 2020 en une plateforme spécialisée dans la couverture des manifestations artistiques et culturelles en Tunisie. Aujourd’hui, culturetunisie.com propose des articles journalistiques, des interviews et des portraits en trois langues : arabe, anglais et français.  

    Pour toute information, veuillez contacter Mohamed Ali Elhaou, fondateur de ce support culturel, à l'adresse suivante : elhaou@gmail.com

    Vos informations ont bien été envoyées !

    bottom of page