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  • Mohamed Ali Elhaou

La 22ᵉ édition de la chanson tunisienne : Palestine, amour éternel !

Le 14 mars 2024, les portes de la salle de l’Opéra de la cité de la culture de la 22ᵉ édition du festival de la chanson tunisienne ont été grandes ouvertes pour accueillir les amoureux de la musique et de la chanson. Le concert avait démarré à 21 h 30 et resté jusqu’à minuit. Il a été brillamment présenté par la star du journalisme Hatem Ben Amara. Nous avons assisté au premier jour et pas pu le faire le deuxième jour vu la grande affluence du public. Même les premiers jours du mois saint, ramadan, qui d’habitude scotchent les gens devant leur poste de télévision, n’ont pas été d’une grande force d'attraction cette fois-ci pour freiner l’engouement des spectateurs pour cette édition. Cet événement s’étale en effet sur trois jours du 14 au 16 mars 2024. C’est-à-dire se poursuit ce soir même.


La cantatrice Meriem Maalej sur la scène du théâtre de l'Opera, le 14 mars 2024


Hommage à la résistance palestinienne face à la répression aveugle


Le festival de la chanson tunisienne est une tradition culturelle visant à mettre en avant la politique culturelle et artistique réservée à la chanson, que ce soit en termes des œuvres sélectionnées ou encore des nouveaux visages qui intégreront la scène de la chanson locale et pourquoi pas arabe. Le directeur artistique de cette 22ᵉ édition est le compositeur Adel Bondka.  Politiquement justement, cette édition est consacrée à la Palestine, pays frère et cher au cœur de nos compatriotes, et elle est dédiée donc à la thématique de la résistance palestinienne, à la fois sur le plan de la forme que sur le fond des chansons présentées. Le but est de mettre en avant le soutien de notre pays à cette cause dans laquelle des innocents, des enfants et des femmes, sont paupérisés, chassés de leur territoire, tués et diabolisés comme ne faisant pas partie de l’humanité par une machine de guerre qui nous rappelle le nazisme du 20ᵉ siècle. Par ces mots, nous ne mettons pas tous les Juifs dans le même sac, ce que nous accusons est plutôt une machine de guerre israélienne ne faisant pas de distinction entre guerriers et civils et n’ayant pas l’intention de faire marche arrière devant l’ampleur du massacre.



La singularité de ce festival est la présence de l'enfant, cantatrice, Meriem Maalej et la fameuse chanteuse palestinnienne Oumayma Khalil. À cette édition, notamment à son premier jour, ont participé les talents les plus connus sur la scène de la chanson de notre pays. Ces talents sont Meherzia Touil qui avait chanté la fameuse chanson nationale de la défunte Oulaya « Beni Watani » ; Saif Eddine Tibini qui a chanté avec une autre mélodie, l’impérissable morceau Daghbaji du défunt Ismaël Hattab « El Kamsa elli Lahgou Bijorra »; l’élégante Rana Zarrouk, dotée d'une voix sublime, qui avait participé par la chanson de la diva Fairouz « Zahrata el Madaen » accompagnée des douces notes de piano de Mehdi Moualhi qui a apporté un nouvel arrangement à ce chef-d'œuvre ; Asma Ben Ahmed qui a marqué sa présence par la chanson « Ghabit chams el Hak », une reprise de l’œuvre mémorable de la chanteuse libanaise Julia Boutros ; l’énergique Anis Letaief qui a mobilisé le même répertoire de Boutros cette fois avec sa chanson « Ana Batnafass Roriya » ; ensuite, c'était au tour de l’élégant Ahmed Rebaï de reprendre une autre chanson de ce même répertoire à savoir « Yawman ma » ; Marwen Ali par une chanson populaire s’intitulant « Ana dami falastini » ; et la boucle sera bouclée par l’excellent Sofien Zaidi qui a participé avec une chanson tunisienne datant de 1911, l’époque de la résistance nationale face à l’occupation à savoir « Al Jarjar » dont l'un des héros fut Manoubi Khadraoui. L’ensemble de ce groupe talentueux avait reproduit, comme un seul homme pour symboliser l’union, vers la fin du spectacle une chanson du fameux compositeur Helmi Bakr « El Hilm El Arabi ».



Chanson se cherchant depuis des décennies


Derrière la résistance, l’éloge de la cause palestinienne, les drapeaux, les orifices et l’engagement sans faille, se cache une scène artistique de la musique qui est en train de battre de l’aile, car elle ne reconnait pas encore le rap comme étant un art officiel, en même temps ne suscite pas assez l’intérêt de la jeune génération. Ainsi, la présence du rappeur Samara avec le grand Lotfi Bouchnak a été juste anecdotique. En réalité, le rappeur n’a pas chanté une chanson live sur scène. Hatem Ben Amara, notre fameux présentateur, l’a invité à monter sur scène par intelligence, par courtoisie, mais à vrai dire, il a été obligé de sortir du conducteur initial pour pouvoir le faire.


Aussi, les chanteurs de ce premier jour n’ont pas fredonné des chansons tunisiennes, ils ont plutôt repris des airs à succès arabes et plus particulièrement libanais et égyptiens pour pouvoir exprimer cette injustice humaine, en dehors des deux chansons de Sofien Zaidi et celle de Saif Eddine Tebini; qui sont plutôt liées à notre contexte magrébin. Il importe de signaler que la musique tunisienne classique, c'est-à-dire qui utilise des instruments et des musiciens, coûte de plus en plus cher et souffre d’une absence de compositeurs et d’écrivains capables de produire des chansons à substance pour ces belles voix vues à cette soirée du 14 mars. Les studios dans lesquels les chanteurs peuvent produire gratuitement leur œuvre se sont évaporés depuis le début de ce siècle. Bref, celles et ceux qui ont fait le déplacement au final n’ont pas été déçus. Rendez-vous avec ce spectacle, ce soir également à partir de 21 h.

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